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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 01:11

Pauvreté record en Allemagne depuis la réunification

Pauvreté record en Allemagne depuis la réunification.

 

Selon une étude publiée par la fédération d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband, la pauvreté en Allemagne est actuellement à son niveau le plus élevé depuis la réunification, en 1990.

A noter que le Paritätischer Wohlfahrtsverband (PW) est une fédération qui regroupe environ 10.000 associations actives dans le domaine de l’aide sociale et de la santé.

 

Le taux de pauvreté est passé de 15% en 2012 à 15,5% en 2013, un pourcentage qui correspond à 12,5 millions de personnes.

Il faut savoir que le montant du seuil de pauvreté varie d’un pays à l’autre, puisqu’il correspond à 60 % du revenu médian.

Le directeur général ce cette fédération, Ulrich Schneider, a déclaré : « Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté (…) La pauvreté en Allemagne n’a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n’a jamais été aussi sévère qu’aujourd’hui », ajoutant que l’Allemagne « a clairement un problème croissant de distribution de la richesse ».

Ce rapport prouve également que le pouvoir ment lorsqu’il déclare que l’écart entre riches et pauvres diminue.

Bien sur, ce sont en premier lieu les chômeurs (60%) qui sont les plus touchés, mais les familles monoparentales (pus de 40%) et les retraités, ne sont guère épargnés également par cette situation critique.

Il faut également noter que le fossé entre les régions les plus riches et les plus pauvres s’agrandit de plus en plus, que la situation s’est détériorée dans 13 des 16 Länder.

Une autre donnée, toute aussi inquiétante, c’est la forte hausse du nombre de salariés qui se situent sous le seuil de pauvreté. Ce sont aujourd’hui 3 millions de salariés allemands qui se retrouvent dans cette situation, soit une augmentation de 25% en 7 ans (2,5 millions à l’époque).

Economies sur la nourriture et le chauffage, parfois un repas complet que tous les 2 jours, pas question de partir en vacances, pas de restaurent, de cinéma, pas question de changer la voiture, on se soigne mal, voici le quotidien de plus de 15% de gens qui vivent dans le pays dont il faut suivre le modèle.

On peut légitimement se poser des questions sur un modèle de société qui n’est pas capable de subvenir aux besoins de sa population, et bien plus grave encore, de ceux qui ont un emploi.

Lorsqu’on voit cela, il est évident que l’on ne peut voir dans l’Allemagne le modèle à suivre, que la sortie de crise est ailleurs, dans la recherche d’un nouveau modèle plus juste et où les richesses seront mieux partagées.

 
 
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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 00:50

L'ALLEMAGNE N'A JAMAIS ETE AUSSI PAUVRE

DEPUIS LA REUNIFICATION.

 

L'Allemagne n'a jamais été aussi pauvre depuis la réunification

 

L'Allemagne n'a jamais été aussi pauvre depuis la réunification

 

Douze millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté outre-Rhin, un record selon l'étude d'une association allemande d’aide sociale. Qui estime que l'introduction du salaire minimum ne résoudra rien. Un article d'EurActiv Allemagne.

La pauvreté a atteint un niveau jamais atteint en Allemagne, selon un rapport réalisé par l'organisation d'aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband. Le rapport indique qu'environ 12,5 millions de personnes étaient touchées par la pauvreté en 2013, soit une augmentation de 15 % à 15,5 % comparé à l'année précédente.

« Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d'augmentation à la pauvreté », a déclaré Ulrich Schneider, directeur général de l'organisation Paritätischer Gesamtverband. Durant cette période, le rapport montre que le nombre de pauvres en Allemagne a augmenté de 11 %.

« La pauvreté en Allemagne n'a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n'a jamais été aussi sévère qu'aujourd'hui », s'inquiète Ulrich Schneider. Au vu du dernier rapport sur la pauvreté, le gouvernement allemand certifie que l'écart entre les riches et les pauvres diminue, une affirmation qui pour Ulrich Schneider est « tout simplement fausse ».

En effet, l'Allemagne s'approche de la moyenne européenne en terme de pauvreté. Les statistiques européennes révèlent que près d'un quart de la population de l'UE était menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2013.

L'écart se creuse entre les régions riches et pauvres

Selon le rapport, la pauvreté a augmenté à l'échelle nationale, mais le fossé entre les régions plus et moins affectées par la pauvreté s'est creusé de 18 % à près de 25 %, comparé à 2006. Les régions allemandes les plus sévèrement touchées par la pauvreté sont le Land de Brême, Berlin et le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

Eurostat considère une personne « exposée au risque de pauvreté » quand celle-ci vit au sein d'un ménage avec un revenu égalisé disponible en-dessous du seuil du risque de pauvreté, qui est fixé à 60 % du revenu national médian égalisé, c'est-à-dire une fois les transferts sociaux faits.

>> Lire : Un citoyen européen sur quatre menacé par la pauvreté

En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois sont classées dans la catégorie des pauvres. Une famille avec deux enfants est considérée pauvre si elle vit avec moins de 1 872 euros par mois.

Près de la moitié des familles monoparentales sont pauvres

Les mères célibataires sont particulièrement exposées au risque de pauvreté, indique le rapport. En effet, plus de 40 % d'entre elles basculent dans la pauvreté. Même si ces dernières années, le taux de chômage n'a cessé de baisser, la pauvreté se multiplie dans toute la population.

« La pauvreté est un problème bien de chez nous », a souligné Ulrich Schneider, commentant les résultats du rapport. L'Allemagne a clairement un problème croissant de distribution de la richesse , a-t-il estimé.

L'organisation d'aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband constate, quant à elle, que le nouveau salaire minimum, entré en vigueur début 2015, ne permet pas et ne permettra pas de changer la donne. Le salaire minimum légal impose que les employés et la plupart des stagiaires en Allemagne soient payés au moins 8,50 € brut de l'heure.

C'est un « signe positif », a commenté Ulrich Schneider, mais cela ne change pas le fait que de nombreux pauvres occupent et occuperont des mini-emplois ou qu'ils reçoivent des aides du gouvernement pour compléter leurs revenus et atteindre le niveau de subsistance.

Les ressources du Fonds social européen sont insuffisantes

De la même façon, le projet d'Andrea Nahles, la ministre allemande du Travail, de subventionner les emplois avec des fonds publics n'est pas assez efficace, constate Ulrich Schneider.

À la fin de l'année dernière, la ministre du Travail a soumis un projet de réduction du chômage de longue durée, s'appliquant au million de chômeurs de longue durée en Allemagne.

Grâce à ce programme, les chômeurs de longue durée sans qualification professionnelle doivent recevoir des subventions salariales de l'économie privée. Par ailleurs, des séances de coaching permettent de s'assurer que les entreprises gardent les participants au programme après la période de subvention.

Entre 2015 et 2019, le ministère espère ainsi aider 33 000 personnes avec ce programme fédéral grâce aux 900 millions d'euros qui proviendront, en grande partie, des ressources du Fonds social européen (FSE).

Le chômage et la pauvreté risquent de devenir monnaie courante

Selon l'organisation Paritätischer Gesamtverband, ces mesures n'aident qu'une petite partie de la population menacée ou déjà touchée par la pauvreté. Selon l'organisation, pour véritablement avoir un impact, le secteur de l'emploi subventionné devrait être étendu.

Ulrich Schneider craint également que dans de telles circonstances, le chômage ne devienne encore plus fréquent. Il illustre ses propos par un exemple terrible pour les jeunes générations : « Dans de nombreuses régions, les résidents de quartiers entiers ont été au chômage pendant une longue période. Pour les enfants qui y grandissent, la dépendance vis-vis de l'État est une situation tout à fait normale. »

Les syndicats ont également appelé à des contre-mesures urgentes. Selon Annelie Buntenbach, membre du conseil d'administration de la Fédération allemande des syndicats, « il faut mettre un terme aux emplois précaires comme le travail temporaire et les contrats de travail abusifs ».

La pauvreté liée à l'âge a augmenté de manière drastique

La situation des retraités, analysée par le rapport, est particulièrement alarmante. Le nombre de pauvres dans ce groupe de la population a augmenté de 48 % depuis 2006.

Ulrich Schneider voit cette hausse comme un « effondrement de la politique de lutte contre la pauvreté ». Aucune autre tranche de la population n'a aussi rapidement sombré dans la pauvreté, a-t-il déclaré. Depuis 2006, le pourcentage de pauvres chez les retraités a grimpé quatre fois plus rapidement que dans d'autres groupes de la société.

L'association d'aide sociale VdK a également exprimé ses inquiétudes face à cette situation. « Au vu des bonnes conditions économiques, le fait que la pauvreté s'installe au sein de certains groupes de la population et continue d'entrainer de plus en plus de personnes dans son tourbillon infernale est un véritable paradoxe », a souligné Ulrike Mascher, le président de VdK.

Concernant la pauvreté croissante chez les retraités, VdK rejette la faute sur les politiques de retraite des dernières années.

« Il est évident que la baisse du niveau des retraites ne passe pas inaperçue dans la vie des retraités », s'indigne Ulrike Maschner. Selon lui, la retraite devrait être stabilisée à 50 % du revenu net moyen.

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 21:29
Après la guerre, des milliers de nazis ont réussi à prendre la fuite à l'aide de l'Église catholique

En mai 1945, profitant du chaos qui régnait en Allemagne, où des millions d'anciens prisonniers de guerre, de forçats et de survivants de l'Holocauste étaient sur les routes, des milliers de nazis hauts placés en profitèrent pour filer à l'étranger. Parmi eux, rappelle l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, des criminels tels que Adolf Eichmann, responsable de l'organisation de la «solution finale», Josef Mengele, médecin au camp de concentration d'Auschwitz, et Franz Stangl, commandant des camps d'extermination de Treblinka et Sobibor.

Sans le soutien de l'Église catholique, un si grand nombre de nazis n'auraient pas réussi à fuir:

«Ils pouvaient compter sur un réseau de passeurs bien organisé en Autriche et en Italie. La CIA surnomma la route la plus empruntée la "ligne des rats": via les Alpes autrichiennes jusqu'au Tyrol du Sud, puis dans la ville portuaire de Gênes, et de là vers l'Amérique du Sud. De hauts dignitaires de l'Église catholique aidèrent avec zèle les assassins à s'exiler. Les criminels de guerre quittaient le territoire avec des passeports de la Croix rouge qui avaient été certifié par des prêtres. Ils furent également nombreux à gagner l'Espagne franquiste déguisés en moines, allant de monastères en monastères, et à quitter l'Europe depuis Barcelone.»

L'évêque autrichien Alois Hudal, un nazi convaincu, et le prêtre croate Krunoslav Draganovic, responsable de la déportation de milliers de juifs et de Serbes sous la dictature des Oustachis durant la Seconde Guerre mondiale, furent des personnages-clefs de ces réseaux d'exfiltration. Le premier négociait directement avec le président argentin Juan Perón, grand admirateur d'Hitler, pour obtenir des visas pour les soldats allemands, tandis que le second produisait des faux papiers à la chaîne, faisant fortune en vendant ses passeports 1.400 dollars pièce aux anciens camarades nazis. Le Vatican était au courant de l'existence de ces réseaux. Pie XII fit même don de 30.000 lires à Hudal en 1949.

 

La direction de l'Église catholique était majoritairement contre la politique de dénazification menée par les Alliés et voulait récupérer les Allemands aussi vite que possible dans la famille chrétienne de l'Europe afin de renforcer la lutte contre le communisme.»

Les catholiques ne furent pas les seuls à venir en aide aux nazis qui ont fui l'Allemagne. Le service de renseignements de l'armée américaine de l'époque, le Counter Intelligence Corps (CIC), a ainsi organisé la fuite de Klaus Barbie vers la Bolivie en le faisant passer par l'Italie en 1951. Ce dernier avait été recruté comme espion trois ans plus tôt par le CIC.

Source:

http://www.slate.fr/story/101685/nazis-fuite-eglise-catholique

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 19:11
L’Otan : une alliance anti-russe de la Guerre froide.

L’Otan cherche la destruction de la Russie depuis 1949 [Partie 1]

 

Je publie la traduction d’un texte de Gary Leupp, professeur à l’Université Tufts. Je trouve que ce texte, polémique sur certains points, permet de renverser la vision pro-OTAN dont nous sommes abreuvés dans les médias. Faites vous votre propre opinion…L’original peut être trouvé ici. Le texte est assez long donc il sera publié en quatre parties. La première partie retrace l’histoire de l’OTAN. [beerblogsite]
 

En 1990, après la chute du Mur de Berlin, le président américain George H. W. Bush, par l’intermédiaire de son secrétaire d’État James Baker, promit au Premier secrétaire Mikhaïl Gorbatchev qu’en échange de la coopération soviétique dans la réunification allemande, l’Otan, alliance de la Guerre froide, ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’Est, en direction de la Russie. Baker dit à Gorbatchev : «Écoutez, si vous retirez vos 300 000 troupes d’Allemagne de l’Est et permettez la réunification de l’Allemagne dans le cadre de l’Otan, l’Otan ne s’étendra pas d’un pouce vers l’Est.»

L’année suivante, l’Union soviétique se désintégrait officiellement. Son alliance militaire défensive (le Pacte de Varsovie) s’était déjà dissoute. La Guerre froide était finie.

Pourquoi l’Otan ne s’est-elle alors pas dissoute mais au contraire s’est-elle étendue sans cesse, encerclant la Russie européenne ? Pourquoi n’est-ce pas un sujet central de discussion et de débat dans ce pays ?

L’Otan : une alliance anti-russe de la Guerre froide

Certains doutent que l’engagement de Bush ait jamais été pris, bien que Baker l’ait répété publiquement en Russie. Ou prétendent que l’engagement ne fut jamais mis par écrit d’où sa nullité légale. Ou prétendent que toute promesse faite aux dirigeants de l’Union soviétique, qui disparut en 1991, est inapplicable aux relations russo-américaines postérieures. Mais il est clair que les États-Unis, à la consternation des dirigeants russes, ont continué à se confronter à leur ennemi de la Guerre froide, principalement via l’expansion de l’Otan. Cette expansion n’est pas commentée dans les médias de masse américains qui traitent l’entrée d’une nouvelle nation dans l’Otan comme de l’entrée d’un nouvel État dans l’ONU, comme si c’était naturel et non problématique.

Mais rappelez-vous quelques points de l’histoire. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) fut créée le 4 avril 1949 comme une alliance militaire contre l’Union soviétique, principalement contre la Russie, composée initialement des États-Unis, du Canada, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg, du Danemark, de l’Islande, de la Norvège et du Portugal.

Elle se forma quatre ans après que les Soviétiques prirent Berlin d’assaut battant les nazis. (Comme vous le savez, l’Allemagne envahit la Russie six mois avant que le Japon n’attaque Pearl Harbour ; les États-Unis et la Russie furent alliés contre les fascistes ; les victoires clés dans la guerre européenne – Moscou, Stalingrad, Koursk – furent des victoires soviétiques contre les nazis. Les soldats US ne traversèrent le Rhin que le 22 mars alors que l’armée Rouge se rapprochait de Berlin, prenant la ville entre le 16 avril et le 2 mai, au prix de la mort de 80 000 Soviétiques. Si vous ne savez pas cela, vous n’avez pas reçu d’éducation correcte !)

Dans les quatre ans qui séparent la mort de Hitler de la formation de l’Otan, les deux grands vainqueurs de la guerre divisèrent l’Europe en zones d’influence. L’Union soviétique voisine avait contribué de façon écrasante à la défaite fasciste : plus de 8 millions de militaires et 12 millions de civils furent tués, comparés aux pertes des lointains États-Unis, qui subirent 186 000 morts en Europe et 106 000  dans le Pacifique.

Il peut sembler étrange que le moindre des héros de l’histoire (dans ce conflit épique contre le fascisme) ait reçu la plus grosse part du gâteau après la bataille : les États-Unis créèrent un bloc incluant la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, la plus grande partie de l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la plupart de la Scandinavie, alors que les Soviétiques imposèrent leur hégémonie – ou essayèrent – sur leur États clients moins riches. Mais les Soviétiques ne furent en aucun cas principalement intéressés à attirer les nations les plus riches dans leur orbite. Si tel avait été le cas, ils n’auraient pas retiré leurs troupes d’Autriche en 1955.

Au contraire, la Russie qui fut envahie plusieurs fois dans l’histoire depuis l’Ouest – par la Suède, la Lituanie, la Pologne, la France et l’Allemagne –, voulait surtout sécuriser sa frontière occidentale. Pour assurer l’établissement de régimes amis, elle organisa des élections en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie et ailleurs (ces élections avaient autant de légitimité que celles tenues sous occupation américaine de l’Irak ou de l’Afghanistan ces dernières années ou n’importe quand en Amérique latine). Elles engendrèrent les républiques populaires d’Europe de l’Est.

Les États-Unis et les Britanniques grommelèrent contre les avancées géopolitiques de leur allié de guerre. En mars 1946, l’ex-premier ministre Winston Churchill, en visite aux États-Unis, fit allusion à un rideau de fer tombant sur l’Europe (peut être utilisait-il sans le savoir l’expression que Joseph Goebbels avait utilisée 13 mois plus tôt. Le ministre allemand de la propagande avait déclaré à un journal que «si le peuple allemand déposait les armes, les Soviétiques occuperaient toute l’Europe. Un rideau de fer tomberait sur cet énorme territoire»). Très effrayant.

Mais les États-Unis travaillaient dur à l’époque pour consolider leur propre bloc en Europe. En mai 1947, la CIA força les gouvernements italien et français à purger les ministres communistes des cabinets formés après les succès électoraux des années précédentes. (Les États-Unis avaient un énorme pouvoir acheté par les 13 milliards de dollars du Plan Marshall à partir d’avril 1947, destiné à raviver le capitalisme européen et à diminuer l’attractivité du marxisme).

Le chef de la station de la CIA à Rome se vanta plus tard que sans la CIA, qui finança une campagne incitant à la peur des Rouges et fomenta des clashs violents ayant fait parfois des victimes lors de meetings, «le Parti communiste aurait sûrement gagné les élections italiennes en 1948». (Toute personne qui pense que les Soviétiques truquèrent leurs élections alors que par principe, les États-Unis facilitèrent des élections honnêtes est un indécrottable naïf.)

Pendant ce temps – avant l’établissement de l’Otan en avril 1949 – les États-Unis et la Grande Bretagne avaient mené à partir de 1946 une guerre en Grèce, en faveur de la monarchie et contre les forces communistes qui avaient été la colonne vertébrale du mouvement anti-fasciste durant la Seconde Guerre mondiale. Les communistes jouissaient d’un large appui populaire et auraient pu gagner la guerre civile si les Soviétiques les avaient soutenus. Mais en respectant l’accord sur les zones d’influence établi à Yalta et à Potsdam, Staline ignora les appels à l’aide des communistes grecs et yougoslaves. Les partisans grecs capitulèrent en octobre 1949, six mois après la formation de l’Otan. (Mais l’Otan ne fut pas déployée durant cette intervention militaire qui fut considérée comme la première opération militaire de la Guerre froide des États-Unis selon la doctrine Truman, anti-communiste au sens large.)

Exactement un mois après la formation de l’Otan, les dirigeants pro-américains en Allemagne de l’Ouest annoncèrent unilatéralement la formation de la République fédérale d’Allemagne. (La République démocratique allemande, pro-soviétique, fut déclarée seulement six mois plus tard. Comme en Corée, les Soviétiques soutenaient la réunification des territoires occupés. Mais les États-Unis avaient l’intention d’établir des États clients et de diviser des nations, si nécessaire, pour endiguer les percées soviétiques. Ce fut aussi le cas avec le Vietnam.)

Quatre mois après la création de l’Otan, les Soviétiques effectuèrent leur premier test nucléaire avec succès. La Guerre froide commençait pour de bon.

L’Otan fut formée pour se confronter agressivement à l’URSS et exploiter les peurs d’une supposée menace d’attaque soviétique vers l’Ouest (pour imposer le système social soviétique à des peuples qui n’en voulaient pas). Cette menace ne s’est bien sûr jamais matérialisée. Les Soviétiques coupèrent Berlin-Est de la partie Ouest par le mur de Berlin pour éviter des évasions massives embarrassantes. Mais ils n’envahirent jamais l’Allemagne de l’Ouest et ne provoquèrent aucun conflit avec une nation de l’Otan durant la Guerre froide. (En fait, par comparaison avec les carnages qui s’abattirent sur l’Europe depuis 1989, des guerres civiles dans les Balkans et dans le Caucase aux bombardements terroristes de Londres, Madrid et Paris et au putsch néo-fasciste en Ukraine l’année dernière, la Guerre froide apparaît rétrospectivement comme une longue période de prospérité et de paix relative sur le continent.)

Comparons les Agressions US et Russo/Soviétiques durant la guerre froide

L’OTAN s’agrandit en 1952, incorporant la Grèce pacifiée et son rival historique, la Turquie. En 1955, il amena la RFA en son sein. A ce moment seulement, en mai 1956, 7 ans après la formation de l’OTAN, les Soviétiques établirent en réponse leur propre alliance militaire défensive. Le traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle (Pacte de Varsovie) n’incluait que 8 nations (contre 15 pour l’OTAN) : L’URSS, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne de l’Est, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et l’Albanie.

Les forces du Pacte de Varsovie ne se déployèrent qu’une fois durant la guerre froide, pour écraser le mouvement de réforme en Tchécoslovaquie en 1968 (Elles ne furent pas utilisées durant la répression de la « révolution hongroise » de 1956, qui eut lieu cinq mois après la fondation de l’alliance. Cette opération fut effectuée par des troupes soviétiques et des forces loyalistes hongroises.). L’intervention en Tchécoslovaquie provoqua le retrait de l’Albanie du Pacte alors que la Roumanie protesta et refusa d’envoyer des troupes. Pratiquement, le Pacte fut réduit à 6 membres à comparer aux 15 de l’OTAN. L’alliance occidentale s’agrandit à 16 quand l’Espagne la rejoignit en 1982.

Entre 1945 et 1991 (quand le pacte de Varsovie et l’URSS se désintégrèrent), les Etats-Unis se sont engagés dans trois guerres majeures (Corée, Vietnam, Golfe Persique), ont envahi la Grenade et le Panama, sont intervenus militairement au Guatemala, République Dominicaine, Liban, Cuba, Cambodge, Laos, Nicaragua, Haïti et dans d’autres pays.

Durant la même période, les soviétiques ont envahi deux fois des nations est-européennes (la Hongrie 1956 et la Tchécoslovaquie 1968), pour maintenir le statu quo. Ailleurs, il y eut un bref conflit frontalier avec la Chine qui fit 150 morts de chaque coté. Et les Soviétiques ont bien sûr envahi l’Afghanistan en 1979 pour consolider le régime laïque aux prises avec l’opposition islamiste. C’est tout. En fait, si vous comparez avec le bilan américain, le leur est un peu maigre pour une superpuissance.

Cette opposition islamique en Afghanistan, comme nous le savons, s’est transformée en Talibans, al-Qaeda et le groupe fondé en Irak par l’ancien rival de Ben Ladan Abu Moussah al Zarqawi appelé maintenant ISIL ou Etat Islamique. Appelés, presque affectueusement par la presse américaine en 1980 moudjahidines (ceux qui sont engagés dans le djihad), ces militants religieux ont été glorifiés comme des combattants anti communistes sacrés par le conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter Zbigniew Brzezinski.

Brzezinski annonça au président américain six mois avant que les soviétiques n’envoient de troupes qu’en soutenant les djihadistes les US pourraient provoquer une intervention militaire soviétique. Les Etats-Unis, déclara-t-il, ont l’opportunité d’infliger aux Soviétiques leur guerre du Vietnam et peuvent saigner les Soviétiques comme ils ont saigné les Etats-Unis au Vietnam.

Attardons nous un moment sur la moralité de ceci. Les soviétiques ont aidé les vietnamiens à combattre un régime impopulaire soutenu par les Etats-Unis et à confronter l’horreur des assauts américains contre leur pays. Maintenant, en retour, comme Brzezinski le déclara, les Etats-Unis pouvaient aider les extrémistes islamistes à l’esprit médiéval à provoquer une intervention soviétique pour tuer des jeunes conscrits soviétiques et empêcher l’avènement de la modernité.

Les djihadistes anti-soviétiques furent accueillis à la Maison Blanche par le président Ronald Reagan pendant une visite en 1985. Reagan, montrant peut-être les premiers symptômes d’Alzheimer, clama qu’ils étaient « l’équivalent moral des pères fondateurs de l’Amérique ». A cette époque, une grande partie de l’aide américaine (CIA) aux moudjahidines était destinée à Gulbudding Hekmatyar, un féroce chef de guerre maintenant aligné avec les Talibans. Comme de nombreux anciens alliés des US (incluant Saddam Hussein) tombés en disgrâce, il fut la cible d’au moins une frappe ratée par drone en 2002.

Donc le seul et unique conflit militaire prolongé soviétique durant la guerre froide, de décembre 1979 à février 1989 et qui a coûté 14’000 vies soviétiques, fut un conflit avec ce que les experts américains vont appeler « terrorisme islamiste »

Les Soviétiques n’ont sûrement pas affronté des anticommunistes désirant la « liberté » comme cela peut être conceptualisé dans certaines idéologies modernes. L’ennemi incluait des leaders tribaux et des religieux qui s’opposaient à tout changement du statut des filles et des femmes, en particulier leur code vestimentaire et leur soumission à l’autorité patriarcale en matière de mariage.

Les révolutionnaires soutenus par les soviétiques étaient confrontés à des fanatiques ignorants des besoins médicaux des femmes, hostiles à l’idée de cliniques publiques et opposés à l’éducation des femmes. (En fait, les soviétiques ont réussi à augmenter le taux d’alphabétisation des femmes durant les années 80 – un fait non égalé par les nouveaux occupants depuis 2001 – mais ceci était principalement dû au fait qu’ils gardèrent le contrôle de Kaboul, où les femmes purent non seulement recevoir une éducation, mais aussi se déplacer sans foulards.)

Cette époque prit fin quand le régime de Mohammad Najibullah installé par les soviétiques fut renversé par les forces de l’alliance du Nord en Avril 1992. Les choses empirèrent. La guerre civile entre le pachtoune Hekmatyar et ses rivaux tadjiks éclata immédiatement et les forces d’Hekmatyar bombardèrent brutalement la capitale – chose qui n’était jamais arrivée durant les pires jours de la période soviétique.

Pendant que la guerre civile s’aggravait, les Talibans apparurent, se présentant comme des leaders moralement justes inspirés par la Shariah. Acquérant une large base sociale, ils prirent Kaboul en septembre 1996. Un de leurs premiers actes fut de saisir Najibullah, qui s’était réfugié dans un bâtiment des Nations Unis trois ans plus tôt , de le castrer et de le pendre en public, lui refusant un enterrement selon les rites musulmans.

Juste au moment où les néoconservateurs clamaient le triomphe du capitalisme sur le communisme et la supposée fin de l’histoire, le monstre de Frankenstein de l’Islamisme sortait sa vilaine tête. Il n’y eut pas de larmes pour Najibullah dans les capitales occidentales. Mais les Talibans étaient considérés avec inquiétude et dégoût et le siège aux Nations Unies resta aux mains du régime de l’alliance du Nord qui ne contrôlait que 10% du pays.

Comment la Guerre Froide encouragea l’Islamisme Radical

Bien sûr les Etats-Unis- qui ont fait leurs valises et sont partis après le retrait soviétique, laissant les pakistanais avec un problème massif de réfugiés et l’Afghanistan dans le chaos, ont saigné les soviétiques et quiconque osant s’allier avec eux. Et sûrement cette expérience contribua à la réalisation du voeu le plus cher de Brzezinski : l’écroulement de l’Union Soviétique.

Mais elle a aussi produit le terrorisme islamiste, à grande échelle, alors que les Etats-Unis, ayant auparavant organisé le recrutement et l’entraînement de légions de djihadistes provenant de tout le monde musulman pour attaquer l’Union Soviétique, étaient et sont encore obligés d’en gérer les conséquences et leur réponse provoque invariablement plus de terrorisme.

N’est-il pas évident que les actions militaires américaines contre les différentes cibles terroristes dans le Moyen Orient « élargi », incluant l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, le Yemen et la Libye ont grandement gonflé les rangs d’Al Qaeda et de l’Etat Islamique ?

Et est ce que le cours des évènements en Afghanistan – où le gouvernement de Kaboul reste paralysé et stupide, les seigneurs de la guerre gouvernent les cités de province, la Cour suprême condamne des gens à mort pour des offenses religieuses, la plus grande partie de l’arrière pays est aux mains des talibans and les militants pénètrent vers le Nord – ne vous convainc pas que les Etats-Unis n’auraient pas dû s’allier aux djihadistes contre les forces laïques soutenues par les soviétiques il y a 35 ans ?

Dans une interview en 1998 publiée par le Nouvel Observateur, on demanda à Brzezinski s’il regrettait d’avoir donné des armes et des conseils aux futurs terroristes islamistes.

Brzezinski : Qu’est ce qui le plus important dans l’histoire du monde ? Les Talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques musulmans agités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

Q : Quelques musulmans agités ? Mais il a été dit et repété : Le fondamentalisme islamique représente une menace mondiales de nos jours.

Brzezinski : N’importe quoi ! Il a été dit que l’Occident avait une politique globale concernant l’Islam. C’est stupide. Il n’y a pas d’Islam global. Regardez l’Islam de façon rationnelle et sans démagogie ou émotion. C’est la religion dominante dans le monde avec 1.5 milliards de croyants. Mais qu’y a-t-il de commun entre les fondamentalistes saoudiens, les modérés marocains, les militaristes pakistanais, les pro-occidentaux égyptiens et le sécularisme d’Asie Centrale ? Rien de plus que ce qui unit les pays chrétiens.

En d’autres mots, gagner la compétition contre la Russie, la saigner jusqu’à l’effondrement, était plus important que le risque de promouvoir le fondamentalisme musulman militant. Il est évident que cette mentalité demeure, quand, dans le monde post 11 septembre, certains officiels du département d’Etat préfèreraient voir Damas tomber aux mains de l’EI plutôt que de la laisser défendre par les Russes en appui d’un régime laïque.

L’OTAN à la rescousse du monde post guerre froide.

Depuis la chute de l’Union Soviétique et la disparition du Pacte de Varsovie, qu’a manigancé l’OTAN ? Premièrement, elle a rempli un vide de pouvoir dans les Balkans. La Yougoslavie s’écroulait. Elle avait été neutre pendant la Guerre Froide, ni membre de l’OTAN ni du pacte de Varsovie. A mesure que les gouvernements tombaient en Europe de l’Est, les mouvements sécessionistes dans les républiques multi ethniques produisaient des conflits étendus. Le secrétaire d’Etat Baker s’inquiétait de ce que l’écroulement de la Yougoslavie ne provoquât une instabilité régionale et s’opposa à l’indépendance de la Slovénie.

Mais le ministre allemand des affaires étrangères, Hans Dietrich Genscher et le chancelier Helmut Kohl-grisés par la fierté de la réunification allemande et décidés à jouer un rôle plus important dans le monde – firent pression pour le démantèlement de la Yougoslavie. (Il y avait d’importants intérêts historiques allemands dans ce pays. Les Nazis avaient occupé la Slovénie de 1941 à 1945, établissant une garde slovène de 21’000 hommes et initiant des affaires économiques. L’Allemagne est maintenant de loin le premier partenaire commercial de la Slovénie. La position de Kohl prévalut.

La Yougoslavie, qui était un modèle d’harmonie interethnique,fut déchirée par des conflits ethniques dans les années 1990. En Croatie, les Croates combattirent les Serbes aidés par l’armée populaire yougoslave. En Bosnie Herzégovine, les bosniaques, les croates et les serbes se querellèrent sur la façon de diviser le pays. En Serbie, l’annulation de l’autonomie des provinces du Kosovo et de la Voïvodine provoqua la colère des Albanais. En 1995, les images d’hommes bosniaques émaciés dans des camps de prisonniers serbes furent largement diffusés dans les médias mondiaux alors que Bill Clinton était résolu à ne pas laisser un nouveau Rwanda (lisez génocide) se produire. Pas sous son mandat. L’Amérique allait sauver la situation.

Ou plutôt : L’OTAN allait sauver la situation. Loin d’avoir perdu son utilité après la guerre froide, déclara Clinton, l’OTAN était la seule force capable de relever ce genre de défi. Et donc, l’OTAN bombarda et bombarda , pour la première fois dans une vraie guerre, jusqu’à ce que les Serbes bosniaques implorent pitié. La configuration actuelle de la Bosnie herzégovine, une fédération dysfonctionnelle, incluant une mini république serbe, fut dictée par le secrétaire d’Etat Warren Christopher et son envoyé Richard Holbrooke au meeting de Dayton, Ohio en Novembre 1995.

La Russie, alliée traditionnelle des serbes, fut obligée de regarder passivement pendant que les Etats-Unis et l’OTAN redessinaient les cartes de l’ancienne Yougoslavie. La Russie était elle-même dans les années1990, sous la direction du bouffon alcoolique Boris Yeltsin, en piètre état. L’économie piquait du nez, le désespoir régnait, la longévité masculine avait dégringolé. La nouvelle politique était tout sauf stable. Pendant la crise constitutionnelle de septembre-octobre 1993, le président avait même ordonné à l’armée de bombarder le bâtiment du Parlement, pour forcer les législateurs à se soumettre à son décret de dissolution. Sous la poigne d’oligarques corrompus et du capitalisme sauvage occidental, les Russes étaient sans illusion et démoralisés.

Puis d’autres insultes arrivèrent de l’Occident. Durant la dernière année de Yeltsin, en Mars 1999, l’OTAN accueillit trois nations supplémentaires : la Tchécoslovaquie (plus tard la République tchèque et la Slovaquie), la Hongrie et la Pologne. Ce furent les 3 nations les plus puissantes du pacte de Varsovie, URSS et Allemagne de l’Est mise à part. Ceci était la première expansion de l’OTAN depuis 1982 (quand l’Espagne avait adhéré) et énerva le Kremlin, ce qui était compréhensible. Quelle peut bien être la raison pour l’expansion de l’OTAN à présent ? demandèrent les Russes, qui furent assurés que l’OTAN n’était dirigée contre personne.

Le Sénat a voté pour étendre l’adhésion à la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie en 1998. A l’époque, George Kennan, le fameux diplomate américain qui développa la stratégie d’isolement de l’URSS pendant la guerre froide fut interrogé :

“Je crois que c’est le début d’une nouvelle guerre froide, prévint Kennan, âgé de 94 ans. Je pense que les Russes vont réagir petit à petit et cela va affecter leur politique. Je crois que c’est une erreur tragique. Il n’y avait aucune raison. Cela démontre un manque de compréhension de l’histoire Russe et soviétique. Bien sûr que la Russie va réagir négativement et ensuite les avocats de l’extension de l’OTAN prétendront qu’ils avaient toujours dit que les Russes sont comme cela mais ceci est simplement faux”

L’OTAN contre la Serbie

Dans le même mois de Mars 1999, l’OTAN (y compris ses trois nouveaux membres) bombarda Belgrade, la capitale de la Serbie. C’était la première fois depuis la deuxième guerre mondiale qu’une capitale européenne était victime de bombardements. La raison officielle était que les forces de l’état Serbe persécutaient les albanais de la province du Kosovo. La diplomatie avait échoué et l’intervention de l’OTAN était nécessaire pour remettre les choses en place. Cette justification fut accompagnée de rapports très exagérés de forces serbes tuant des kosovars, perpétrant un génocide.

C’était des bêtises. Les Etats-Unis avaient demandé à la conférence de Rambouillet, France que la Serbie retire ses forces du Kosovo et restaure l’autonomie de la province. Le président Serbe Slobodan Milosevic avait accepté. Mais les Etats-Unis avaient aussi exigé que Belgrade accepte des forces de l’OTAN sur tout le territoire de la Yougoslavie, quelque chose qu’aucun leader d’un état souverain ne peut accepter. Belgrade refusa, soutenu par la Russie.

Un officiel haut placé du Département d’Etat (probablement la secrétaire d’Etat Madeleine Albright) se vanta à des reporters qu’à Rambouillet « Nous avions intentionnellement mis la barre trop haute pour que les Serbes acceptent. Les Serbes avaient besoin d’un petit bombardement pour être raisonnables ». Henry Kissinger, pas un pacifiste, déclara à la presse en juin : « Le texte de Rambouillet, qui appelait la Serbie à admettre des troupes de l’OTAN sur tout le territoire yougoslave, était une provocation et une excuse pour commencer à bombarder. Rambouillet n’est pas un document qu’un Serbe angélique aurait pu accepter. C’était un document diplomatique affreux qui n’aurait jamais du être présenté sous cette forme »

Les Etats-Unis avaient obtenu l’approbation de l’ONU pour les frappes de l’OTAN en Bosnie Herzegovine quatre ans plus tôt. Mais ils ne la cherchèrent pas cette fois, et n’essayèrent pas d’organiser une force des Nations Unis pour résoudre le problème du Kosovo. En effet, ils insistèrent pour que l’OTAN soit reconnue comme le représentant de la communauté internationale.

C’était outrageux. Mais l’opinion publique américaine était largement persuadée que les Serbes avaient refusé de négocier la paix de bonne foi et donc méritaient des bombardements applaudis par la presse, en particulier par la correspondante internationale de CNN Christiane Amanpour, qui avait ses entrées au département d’Etat et n’arrêtait pas de dire à ses spectateurs « Milosevic continue à faire des pieds de nez à la communauté internationale », parce qu’il refusait un ultimatum brutal de l’OTAN que même Kissinger avait qualifié de provocation.

Après que le massacre de masse des Kosovars est devenu une réalité (comme les bombes de l’OTAN commencèrent à tomber sur le Kosovo) et après deux mois et demi de bombardement sur Belgrade, un accord médié par les russes mit fin aux combats. Belgrade put éviter l’occupation de l’OTAN qu’il avait précédemment refusé ( en d’autres termes, l’OTAN n’était parvenu à rien de plus que ce que les Serbes avaient déjà concédé à Rambouillet)

Comme le cessez le feu entrait en vigueur le 21 juin, une colonne d’environ 30 véhicules blindés transportant 250 soldats russes fut déplacée de sa mission de maintien de la paix en Bosnie pour prendre le contrôle de l’aéroport de Pristina au Kosovo (Un petit rappel que la Russie aussi avait un rôle à jouer dans la région)

Ceci prit le commandant américain de l’OTAN Wesley Clark par surprise. Il ordonna que des parachutistes français et britanniques sautent sur l’aéroport mais le général britannique Sir Mike Jackson se déroba prudemment « Je ne vais pas faire commencer la troisième guerre mondiale par mes soldats » déclara-t-il.

Je pense que ce geste dramatique de dernière minute à l’aéroport a été décidé par l’étoile montante Vladimir Poutine, un conseiller d’Eltsin bientôt nommé Vice Président puis successeur d’Eltsine début décembre 1999. Poutine allait devenir un ennemi bien plus coriace pour l’OTAN que son embarrassant prédécesseur.

Coopération rime avec provocation

Rappelez vous comment deux ans plus tard, après le 11 septembre, quand les Etats-Unis invoquèrent la charte de l’OTAN auprès de ses alliés pour s’engager dans la guerre en Afghanistan, Poutine offrit d’autoriser l’alliance à transporter du matériel de guerre à travers le territoire russe (en 2012, le ministre des affaires étrangères Lavrov offrit à l’OTAN l’utilisation d’une base à Ulvanovsk pour transporter de l’équipement hors de l’Afghanistan). Cette invasion de l’Afghanistan était le troisième déploiement des forces de l’OTAN dans une guerre, après la Bosnie et la Serbie, et Moscou l’accepta comme un fait accompli. La Russie passa même sous silence ses inquiétudes quand les Etats-Unis établirent des bases dans les anciennes républiques soviétiques d’Ouzbekistan et du Kirghizistan.

Mais en 2004, l’OTAN s’étendit encore, pour intégrer l’Estonie, la Lettonie et la Lithuanie, qui avaient toutes fait part de l’Union soviétique et avoisinent la Russie. Au même moment, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovénie furent admises, avec la Slovaquie qui s’était séparée de la République tchèque. Les Russes demandèrent à nouveau « Pourquoi ? »

En 2007, les Etats-Unis commencèrent à négocier avec les Polonais l’installation d’un complexe anti-missile en Pologne, avec un système radar en République tchèque. En principe, cet armement était destiné à détruire tout futur missile iranien lancé contre l’Europe ! Mais Moscou devint furieux, accusant les Etats-Unis de vouloir lancer une nouvelle course aux armements. En raison des sentiments anti-militaristes chez les Polonais et les Tchèques, les plans furent annulés en 2009. Mais ils pourraient être réactivés à tout moment.

En 2008, les Etats-Unis reconnurent le Kosovo, qui abrite désormais la plus grande base américaine hors des Etats-Unis (camp Bondsteel), comme un pays indépendant. Bien que les Etats-Unis aient considéré jusque là le Kosovo comme une province de la Serbie (et peut-être même avaient-ils compris sa signification profonde comme coeur de l’orthodoxie serbe), ils proclamèrent (par la voix de Condoleezza Rice) le Kosovo un phénomène « sui generis » (seul de son genre). Oubliez la loi internationale, elle ne s’applique pas.

La même année 2008, l’OTAN annonça effrontément que la Géorgie et l’Ukraine « deviendraient membres de l’OTAN ». Là dessus, le président comique de la Géorgie Mikheil Saakasvili bombarda Tskhinvali, capitale de la république autoproclamée d’Ossétie du Sud qui avait résisté à son intégration dans la république de Géorgie depuis la chute de l’Union Soviétique en 1991. Dans ce cas, la Russie défendit l’Ossétie du Sud, envahissant la Géorgie, et elle reconnut ensuite l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de la République d’Abkhazie. (Ceci peut être vu comme une réponse du tac au tac à la décision américaine de reconnaître l’indépendance du Kosovo six mois plus tôt.)

Ce fut une guerre de 6 jours, coûtant la vie à 280 militaires (y compris 100 du coté Ossète du Sud/Russe) et environ 400 morts civils. Et il n’y a plus eu de guerre russe depuis. La Crimée n’a pas été « envahie » l’année dernière mais plutôt saisie par les force russes en place, bénéficiant du soutien populaire général. Et il y a peu d’indices que les forces régulières russes se battent contre les forces d’état ukrainiennes. Des Ukrainiens d’origine ethnique russe le font, recevant sans aucun doute du soutien de leurs cousins à travers la frontière historiquement changeante. Mais l’accusation de l’invasion russe de l’Ukraine est un cheval de bataille du département d’Etat, de la propagande automatiquement reprise par les experts-marionnettes de la presse officielle, pas une réalité contemporaine.

Saakasvili s’attendait peut être à être soutenu par les Etats-Unis lorsqu’il provoqua Moscou en août 2008. Mais alors qu’il recevait un soutien ferme du sénateur John McCain, qui déclara « Nous sommes tous Géorgiens maintenant », il reçut peu d’aide du département d’Etat de George W Bush, soucieux de ne pas provoquer la 3e guerre mondiale. La Géorgie n’était pas encore un état membre de l’OTAN capable d’invoquer la clause de défense mutuelle de la charte de l’OTAN.

Saakasvili quitta ses fonctions en 2010 et est maintenant poursuivi par la justice géorgienne pour abus de fonctions. Après un bref passage à la Fletcher School of International Law and Diplomacy in 2014, il a acquis la nationalité Ukrainienne, perdant par la même occasion sa nationalité géorgienne et (un des nombreux exemples de la folle gouvernance ukrainienne , incluant Yatsenyev et Poroshenko) fut nommé gouverneur d’Odessa en mai dernier !

Etant donné la débâcle de 2008, des pays comme l’Allemagne sont peu enclins à accepter une admission de la Géorgie. Ils voient peu de bénéfices à provoquer la Russie en étendant sans arrêt l’alliance défensive de la guerre froide. Cependant, la Croatie et l’Albanie furent ajoutées à l’OTAN en 2009, la première année de l’administration Obama, juste à temps pour participer à la quatrième guerre de l’OTAN contre la Libye.

A nouveau, il n’y avait aucune raison pour une guerre. Le colonel Kadhafi avait été très amical avec les régimes occidentaux depuis 2003, et coopérait avec la CIA contre le terrorisme islamiste. Mais quand le « printemps arabe » balaya la région en 2011, certains leaders occidentaux (dirigé par le président français Nicolas Sarkozy mais incluant la toujours va-t-en guerre Hillary Clinton) se sont convaincus eux-mêmes que la chute de Kadhafi était imminente et qu’il valait mieux aider l’opposition à le déposer et ainsi rentrer dans les grâces de n’importe quel successeur.

Le conseil de sécurité de l’ONU approuva une résolution pour établir une zone de non-survol pour la protection des civils des troupes supposés génocidaires de Kadhafi. Mais ce que l’OTAN libéra fut quelque chose de différent. Une guerre contre Kadhafi, qui mena à son meurtre brutal et à l’horrible chaos qui règne depuis en Libye, une base fiable pour Al-Qaida et l’EI. La Russie et la Chine protestèrent toute les deux, alors que la guerre était encore en cours, que l’OTAN avait déformé la signification de la résolution de l’ONU. Il est peu probable que ces deux membres permanents du conseil de sécurité se laisseront à nouveau duper dans une telle coopération.

Nous pouvons donc ajouter l’échec de Libye aux états dysfonctionnels de Bosnie, Kosovo et Afghanistan à notre liste des exploits de l’OTAN depuis 1991. Pour résumer : Depuis la chute de l’URSS, les US et certains alliés (souvent en leur qualité d’alliés de l’OTAN) ont mené des guerre contre les Serbes Bosniaques, la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak et la Libye tout en frappant des cibles au Pakistan, au Yemen, en Somalie, et ailleurs avec impunité. La Russie est allée en guerre une seule fois : pour 8 jours en août 2008, contre la Géorgie.

Et pourtant, tous les commentateurs des principaux journaux télévisés vous disent, en vous regardant droit dans les yeux, que Poutine est un envahisseur.

Pourquoi l’extension de l’OTAN

Donc pendant que l’OTAN ne cessait d’accueillir de nouveaux membres, elle montrait un penchant grandissant à partir en guerre, d’Asie Centrale à l’Afrique du Nord. On peut se demander pourquoi ?

La raison putative en 1949 était la défense de l’Europe occidentale contre une supposée invasion soviétique. Cette justification est encore utilisée : quand les supporters de l’OTAN parlent aujourd’hui en faveur de l’inclusion de la Lithuanie par exemple, ils vont argumenter, que si la Lithuanie était restée en dehors de l’alliance, les Russes l’auraient sûrement déjà envahie en prétextant la défense des droits des minorités russes.

Il y a en fait très peu d’indices des ambitions russes ou des ambitions personnelles de Poutine de recréer l’empire tsariste ou l’Union soviétique. Poutine s’est plaint il y a quelques jours « Nous ne voulons pas du retour de l’URSS mais personne ne nous croit. » Il a aussi affirmé que les gens qui ne ressentent pas de nostalgie pour l’Union soviétique, comme le disent la plupart des citoyens de l’ancienne URSS assez âgés pour s’en rappeler, n’ont pas de coeur alors que ceux qui veulent la restaurer n’ont pas de cerveau.

Pendant l’expansion inexorable de l’OTAN entre 1999 et 2009, la Russie répondit non pas par des menaces mais avec une calme indignation.

Les remarques de Poutine sur la dissolution de l’Union soviétique comme une tragédie géopolitique et ses affirmations occasionnelles au sujet du droit de la langue et des autres droits des Russes dans les anciennes républiques soviétiques ne constituent pas des menaces militaires. Comme toujours, les néoconservateurs sélectionnent une phrase ici et là quand ils essaient de décrire Poutine comme (encore) un autre Hitler. En fait, les Russes ont, de façon relative, été la voix de la raison ces dernières années. Alarmés par les conséquences des actions américaines dans le Moyen Orient, ils ont cherché à contenir l’impérialisme américain tout en défiant le terrorisme islamiste.

En août 2013, Obama menaça d’attaquer la Syrie, pour punir le régime d’avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple (les accusations ont été discréditées par Seymour Hersh entre autres). Une intervention adroite du ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et le refus de la Chambre des communes britannique d’appuyer une attaque (s’assurant que, comme la guerre d’Irak, elle ne recevrait pas le soutien de l’OTAN) et une opposition interne ont contribué à éviter une autre guerre américaine au Moyen Orient.

Mais c’est comme si les va-t-en guerre du département d’Etat dépités par le succès russe à protéger leur allié syrien du destin de Kadhafi, et vexés de leur capacité constante à maintenir des bases aériennes et navales sur la cote Syrienne, redoublaient d’efforts pour provoquer la Russie. Comment le faire mieux qu’en interférant en Ukraine, qui a non seulement fait partie de l’Union soviétique mais aussi de l’Etat Russe depuis 1654 et qui était le centre du Rus de Kiev originel au dixième siecle ?

L’OTAN courtisait l’Ukraine depuis 1994, cinq ans avant que l’alliance ne s’étende pour inclure la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Kiev a signé le plan d’action d’adhésion à l’OTAN en 2008, quand Victor Yushchenko était président, mais c’était en suspens quand Victor Ianoukovitch fut élu en 2010. Jouissant du solide soutien de l’Est russophone, Ianoukovitch gagna ce que les observateurs internationaux appelèrent une élection libre et démocratique.

Ianoukovich ne voulait pas que l’Ukraine rejoigne l’OTAN. Il voulait une Ukraine neutre maintenant les relations traditionnelles entre l’Ukraine et la Russie. Cela exaspéra Victoria Nulan, la tête du bureau Eurasie au Département d’Etat qui fit du projet d’attirer l’Ukraine dans l’OTAN le but de sa vie. Ceci serait le prix ultime pour l’OTAN en Europe de l’Est. Un pays de 44 millions d’habitants bien éduqués, de la taille de la France, stratégiquement situé sur la Mer noire historiquement dominée par la flotte russe de la Mer noire. Un pays divisé ethniquement entre l’Est russophone et généralement pro russe et l’Ouest plus orienté vers l’Occident et parlant l’ukrainien, avec un mouvement néofasciste vigoureux et férocement anti-russe- prêt à être utilisé.

Nuland, une ancienne aide de Cheney dont la vision du monde néoconservatrice a attiré favorablement l’attention de Hillary Clinton, et donc sa promotion, est la femme du politologue néoconservateur et avocat de la guerre en Irak Robert Kagan (Kagan fut un membre fondateur du célèbre think tank Project for a New American Century). Le couple représente les deux facettes d’un incessant complot néoconservateur : ceux qui travaillent à la destruction de la Russie et ceux qui travaillent à la destruction du Moyen Orient, utilisant consciemment des mensonges pour embrouiller les masses quant à leur but véritable.

Au National Press Club en Décembre 2013, Nuland se vanta que les Etats-Unis (à travers des ONG comme le « National Endowment for Democracy ») avait dépensé 5 milliards de dollars pour soutenir les « aspirations européennes » de l’Ukraine. Cette formulation délibérément vague est censée faire référence au soutien américain à l’admission de Kiev dans l’Union européenne. Le tort de Ianoukovitch, selon les US, n’était pas qu’il rejetait l’adhésion à l’OTAN, ceci ne fut jamais mentionné. Ianoukovitch avait soi-disant trahi les aspirations pro européennes de son peuple en ayant initié puis rejeté un accord d’association avec le bloc de commerce, craignant que cela ne signifie un régime d’austérité de style grec imposé au pays depuis l’extérieur.

A partir de Novembre 2013, la foule se rassembla sur le Maidan à Kiev pour protester entre autres contre le changement d’avis de Ianoukovitch au sujet de l’adhésion à l’EU. Le département d’Etat américain embrassa leur cause. On peut se demander pourquoi les Etats-Unis auraient des intérêts à promouvoir l’adhésion d’un pays à l’UE alors qu’elle constitue un bloc commercial concurrent. Quelle différence cela fait-il pour vous et moi si l’Ukraine a des liens économiques plus étroits avec la Russie ou l’Union Européenne ?

Le sale petit secret des Etats-Unis est de vouloir tirer profit de cet élan à rejoindre l’Europe pour attirer l’Ukraine dans l’OTAN, ce qui aurait pu être considéré comme la prochaine étape naturelle dans le réalignement de l’Ukraine.

Profitant de la colère populaire contre la corruption de Ianoukovitch mais aussi travaillant avec des politiciens connus pour être favorables à l’admission dans l’OTAN et à l’expulsion des forces navales russes de leur base de Crimée qu’elles occupent depuis 1780, et incluant les forces néofascistes qui haïssent la Russie mais détestent aussi l’Union européenne, Nuland et son équipe, y compris l’omniprésent John Mc Cain, firent leur apparition sur le Maidan, distribuant des cookies et encourageant la foule à destituer le président.

Cela fonctionna bien sûr. Le 22 février, à un jour de la signature d’un accord médié par l’Europe en vue de réformes gouvernementales et de nouvelles élections, et pensant que la situation s’était détendue, Ianoukovitch fut forcé de fuir pour sauver sa vie. Les forces néo-fascistes de Svoboda et du Secteur droit servirent comme troupes d’assaut pour renverser le régime. Les manoeuvres machiavéliques de Nuland avaient triomphé.

Il semblait qu’aprés 14 ans d’expansion, l’OTAN pourrait bientot être capable d’accueillir un énorme nouveau membre dans ses rangs, complétant l’encerclement de la Russie et fichant dehors la flotte russe, transformant la Mer noire en un lac de l’OTAN.

Hélas pour les néoconservateurs et les « interventionistes libéraux », le nouveau régime d’Arseniy Yatsenyuk et de ses alliés du Parti de Svoboda, choisi par Nuland, s’aliéna immédiatement la population russophone, qui demeure en rébellion armée rendant le pays ingouvernable, alors même que son économie s’effondre ; et l’idée d’expulser les russes de Sebastopol est devenue inimaginable.

Mais que veulent les stratèges de l’OTAN ? Où vont cette expansion sans fin et ces provocations irréfléchies ?

La Russie, une menace existentielle ?

Avant tout, les avocats de l’OTAN, bien qu’ils répètent souvent « qu’ils ne sont pas contre la Russie, que ceci n’a rien à voir avec la Russie » prennent en considération effectivement une constante menace russe. Le général Sir Adrian Bradshaw, l’officier britannique le plus gradé de l’OTAN, déclara en février que la Russie pose une évidente menace à notre existence ». Le général Joseph Votel, commandant des opérations spéciales US déclara au forum d’Aspen sur la sécurité en juillet que la « Russie pourrait poser une menace existentielle aux Etats-Unis »

Le président du House Armed Service Committee Mac Thornberry (R-Texas) a conseillé à Obama de signer une loi de financement militaire car la Russie pose une menace existentielle aux Etats-Unis. Le philanthrope George Soros (qui aime financer des révolutions « de couleur ») écrivit dans la New York Review of Books en octobre que l’Europe « est face à un défi russe à sa propre existence »

Ce sont des mots absurdes et stupides venant de personnalités haut placées. N’est-il pas évident que c’est la Russie qui est encerclée, pressée et menacée ? Que son budget militaire est une fraction du budget américain et que sa présence militaire globale est minuscule comparée à l’empreinte américaine ?

Mais quiconque regarde les débats des candidats présidentiels américains et qui peut percevoir la prévalence de la paranoïa au sujet de la Russie, la qualification sans réfléchir de Poutine comme nouveau Hitler, et l’expression obligatoire de la détermination à rendre l’Amérique plus forte peut comprendre pourquoi l’expansion de l’OTAN est horriblement dangereuse.

Les gens qui ne pensent pas rationnellement ou dont l’esprit est tordu par l’arrogance peuvent regarder la carte de l’expansion de l’OTAN et penser fièrement « Les choses doivent être ainsi ! Pourquoi quiconque questionnerait le besoin des nations de se protéger en s’alliant avec les Etats-Unis ? Ce sont des alliances comme l’OTAN qui préservent la paix et la stabilité dans le monde »

(Certains sont capables de penser cela, peut-être, mais le fait est que le monde est devenu moins paisible et beaucoup moins stable qu’il ne l’était pendant la guerre froide, quand les deux superpuissances se contrôlaient l’une l’autre. Les Etats-Unis ont émergé comme, ce qu’un diplomate français a appelé une « hyper-puissance » ou un hyper pouvoir intervenant avec impunité dans de multiples pays et produisant de nouvelles et souvent horribles formes de résistance.)

Les gens regardant une carte de l’OTAN en Europe peuvent aussi mentalement colorier le Montenegro. Cette petite république de l’Adriatique de moins de 650’000 habitants a été formellement invitée par l’OTAN à soumettre sa candidature le 2 décembre. Quels autres pays devront encore signer ?

Comme mentionné en 2008, l’OTAN annonça que la Géorgie et l’Ukraine adhéreraient. Mais leur cas est actuellement en attente. La Biélorussie, coincée entre la Pologne et l’Ukraine, a été sous le contrôle autoritaire du président Alexander Lukashenko depuis 1994. Le régime, considéré comme proche de Moscou, a été visé par une révolution de couleur ratée financée par les Etats-Unis en mars 2006. Le favori américain était Mikhail Marynich, un ancien ambassadeur en Lettonie et supporter de l’adhésion à l’OTAN. (Il participa à une réunion de l’OTAN à huis clos « Guerre et Paix » à Riga en Novembre 2006.)

Puis il y a la Moldavie, l’ancienne République soviétique de Moldavie, située entre la Roumanie et l’Ukraine. A l’est se trouve la république sécessioniste de Transnistrie, où les Moldaves sont une minorité et les Russes et les Ukrainiens représentent presque 60% de la population. C’est une zone de conflit gelé. Le rêve néoconservateurservateur est de changer tous ces régimes et de tous les amener dans le giron de l’OTAN.

Un Anneau pour les gouverner tous, Un Anneau pour les trouver,

Un Anneau pour les ramener tous et dans les ténèbres les lier

Au pays de Mordor où s’étendent les Ombres.

Que faites-vous quand vous avez complété l’encerclement occidental de la Russie ? Mais bien entendu vous déstabilisez le pays lui-même, espérant le scinder ! La Russie reste une nation multi-ethnique, multi-culturelle. Il y a des tensions et des mouvements sécessionistes à exploiter dans le Caucase en particulier, mais aussi en Sibérie et dans la péninsule de Karélie.

Si la Russie est une menace existentielle, sa propre existence est une menace, juste ? Donc pourquoi ne pas la démembrer ? La logique de l’expansion de l’OTAN ne requiert-elle pas un ennemi ? Et l’Amérique ne dirige telle pas le monde en battant des ennemis ?

Et si c’était l’OTAN la vraie menace ? (Après tout, dans son dernier projet majeur, n’a-t-il par détruit totalement l’état moderne de Libye et comme résultat déstabilisé le Mali ?)

Ne devrions-nous pas nous réjouir des tensions dans l’OTAN et de l’échec des états membres à allouer 2% de leur recette aux dépenses militaires ? Ne devrions-nous pas nous réjouir des résistances à l’extension de l’OTAN, des plaintes au sujet des pressions coercitives des Etats-Unis et des appels à plus de coopération avec la Russie plutôt qu’à la confrontation et la destruction ?

Gary Leupp | 25 décembre 2015

Article original: http://www.counterpunch.org/2015/12/25/nato-seeking-russias-destruction-since-1949/

Traduction: https://beerblogsite.wordpress.com

Sourcehttps://beerblogsite.wordpress.com

Published by Tchapaïev
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 19:03
La direction prise par l’OTAN nous mène au désastre et cela avec l’entière aide du gouvernement allemand

 

Interview de Willy Wimmer*

Horizons et débats: Le gouvernement de la Fédération russe a changé, au début de cette nouvelle année, sa doctrine de sécurité. Devons-nous dorénavant nous sentir menacés par la Russie ou ce changement vient-il de la menace dirigée contre la Russie?

Willy Wimmer: Il serait bon de lire attentivement les textes des doctrines nationales de sécurité, quelle qu’en soit l’origine. Les Etats qui peuvent se le permettre publient ces textes ouvertement qu’il s’agisse des Etats-Unis, de l’Inde, de la Chine ou bien, actuellement, de la Russie. Sur la base de notre expérience, nous pouvons déceler à partir de quoi ces textes ont été publiés et quels moyens ils utilisent pour appliquer les objectifs précisés dans ces doctrines. Ainsi, les autres Etats peuvent déterminer si les moyens engagés et mis à disposition peuvent permettre d’atteindre les objectifs déterminés dans la doctrine. Ceci est également valable pour la doctrine de sécurité nationale de la Russie.
Nous devons impérativement observer les réflexions engagées par les responsables de Moscou en vue de la publication de ce nouveau texte. Est-ce que leur façon de voir le monde correspond à nos observations ou bien y a-t-il des différences notoires? Il semble bien, après étude de cette doctrine, qu’il n’y a pas de différences profondes dans la façon d’observer le monde. L’attente de la Fédération de Russie à la fin de la guerre froide, en conformité avec la Charte de Paris de novembre 1990, de construire une maison commune d’Europe, se heurta aux Etats-Unis qui n’en voulaient pas et se mirent à détruire systématiquement les instruments prévus pour une cohabitation pacifique dans les relations des Etats. Nous le savions tous et les Russes n’étaient pas aveugles. La Russie ne devait en aucun cas en faire partie et on la maintint à distance. Tout un chacun a pu constater au cours des dernières vingt-cinq années que les Etats Unis voulaient être la force dominatrice et voyaient dans la Fédération russe un obstacle à ce rôle, du fait de la coopération pacifique prévue, alors même que la Fédération de Russie n’avait donné aucune raison aux Américains de se méfier, ni sur le moment ni plus tard. Cela rappelle l’ancienne expression romaine selon laquelle il fallait détruire Carthage parce que c’était Carthage.
Moscou estime, à juste titre, que c’est elle qui doit décider de sa politique nationale et refuse de se soumettre à un dictat américain. C’est le fondement même de la dispute et la crise ukrainienne a démontré les efforts américains pour s’approcher militairement le plus près possible de la Russie.
Cette façon de procéder qui débuta en 1992 par le développement de l’OTAN en Europe de l’Est aboutit à une question inquiétante. Il s’agit de savoir quand on arrivera à un «point de non retour» dans cette pression sur Moscou. Alors que les troupes américaines et de ses vassaux ne se trouvent qu’à cinq cents kilomètres de Moscou, il est inutile de se demander, au vu du potentiel militaire des deux blocs, si un affrontement militaire conventionnel ne devait durer que 24 heures et quelles seraient les conséquences dramatiques pour les vassaux européens des Américains. Les capacités militaires russes ont progressé fortement au cours des dernières années. Si nous devions en subir les conséquences, du fait de notre propre engagement, nous serions menacés dans notre existence. La conséquence logique serait d’en revenir à la Charte de Paris.
Il semble bien que cela soit un obstacle pour les Etats-Unis provenant de leur situation insulaire. Ils s’efforcent avec acharnement à mettre leurs grands pieds sur le continent eurasiatique afin de dominer les autres Etats. 
Le monde a commémoré, il y a deux ans, l’éclatement de la Première Guerre mondiale, il y a donc cent ans. L’attentat de Sarajevo n’a pas été le seul évènement déclencheur. Pendant des années, on a préparé un climat politique global dans lequel il suffisait d’un rien pour enflammer le ciel. Pour cela quelques Bosniaques ont suffi. Depuis l’attaque contre Belgrade en 1999, les Etats-Unis ont tout mis en œuvre pour préparer le monde à la grande guerre. La question est juste de savoir, si l’on utilisera à nouveau un jeune homme et quand on le mettra en route.

Comment peut-on expliquer tout cela? D’une part, concernant la Syrie et l’EI, on arrive enfin à des décisions unanimes du Conseil de sécurité des Nations Unies, donc des décisions communes des Etats-Unis et de la Russie, mais par ailleurs les tensions entre les Etats-Unis et la Russie s’aggravent.

La puissance de la Russie s’est renforcée au cours des dernières années, de telle façon que le pays a pu revenir sur la scène internationale tout en respectant les règles du droit international, et donc de la Charte des Nations Unies, et les Etats-Unis ne purent rien entreprendre pour s’y opposer. Ce fait a redonné au monde, en Syrie, une nouvelle chance de résoudre cette guerre épouvantable par des négociations. Il semble bien que ce soit la raison qui a poussé des cercles belliqueux américains et d’autres pays à utiliser l’acte turc d’abattre un avion russe pour entraver les efforts entrepris, ou encore la tuerie bestiale en Arabie saoudite renforçant l’opposition entre l’Iran et l’Arabie saoudite afin de saboter totalement les efforts de négociations entrepris par la Russie pour en terminer avec la guerre civile syrienne. Les Etats-Unis voulaient imposer leurs objectifs en Syrie et l’intervention russe, suivie de négociations, se présentait comme un grand obstacle. Personne ne parle de l’intervention d’Israël dans la guerre de Syrie alors même qu’elle est très grave.

Le conflit qui vient d’éclater entre l’Arabie saoudite et l’Iran est donc voulu pour s’opposer à tout progrès en Syrie et dans la guerre contre l’EI.

A mon avis c’est la très sérieuse tentative d’empêcher toute négociation parce qu’on ne veut pas abandonner la règle anglo-saxonne de toujours vouloir garder la supériorité. N’oublions pas que la Syrie n’est qu’un élément entre l’Afghanistan et le Maroc. Les Etats-Unis sont à la tête d’une série d’Etats voulant changer le monde au sud de l’Europe. Mais cela, on veut l’accomplir seul. La Russie représente donc un très sérieux obstacle, difficile à contourner ou à éliminer, avec sa volonté de favoriser la négociation.

En Allemagne on dénigre systématiquement la politique de la Fédération de Russie, cela depuis pas mal de temps. Est-ce le cas aussi dans le reste de l’Europe?

Heureusement non. Il suffit de jeter son regard sur Paris ou sur Rome pour obtenir une réponse à cette question. En regardant l’Allemagne, on constate que les investissements dans les réseaux transatlantiques, englobant la politique et la presse, ont servi essentiellement à ceux qui ont mis en place ces réseaux. Cela correspond parfaitement au caractère de Berlin. Cette ville est, politiquement, aux mains de ces réseaux qui jouissent en politique allemande de plus d’influence que les chefs des gouvernements des Länder et même que le corps électoral. Nous avons pu nous en rendre compte en nous posant la question de savoir qui décide du pouvoir suprême en Allemagne. A Moscou et à Tel Aviv, on a décidé de mettre au jour les influences externes sur la politique nationale ou alors de les interdire. A Berlin, cela fait des années que ces phénomènes contribuent à aliéner la capitale allemande du pays et du corps électoral. Ce phénomène d’aliénation est si grave qu’on peut craindre des conséquences irréversibles pour l’Allemagne.

On estime généralement, et avec raison, que l’Europe, et donc l’Allemagne, a tout intérêt à mener de bonnes relations avec la Fédération de Russie. Pourquoi refuse-t-on à prendre en compte cet intérêt et préfère-t-on suivre les instructions d’autres pays?

Lors de Minsk II le président français et la chancelière allemande ont, avant le déclenchement d’une grande guerre européenne, pour le moins tracé une ligne temporaire à ne pas dépasser. Cela illustre également le peu d’espace de manœuvre restant à la politique allemande. Il ne s’agit pas de nostalgie quand je m’en rapporte à Helmut Kohl et aux chances de la politique allemande de contribuer à la paix dans le monde. C’est inscrit dans la Constitution. Il se trouve que nous envoyons à nouveau des avions de combats en Syrie, violant ainsi le droit international, et illustrant que nous sommes qu’un appendice de la politique d’autres Etats. Après la guerre en violation du droit international contre la Yougoslavie, à laquelle l’Allemagne avait participé, même Gerhard Schröder avait une position plus claire face à la guerre contre l’Irak.

Les autres pays du monde, comment voient-ils cette nouvelle guerre froide? Le «reste» du monde, quel rôle joue-t-il dans ce conflit?

Il n’y a personne au monde qui, en toute lucidité, veuille participer à ce défi américain. Le saint Père dénonce constamment le fait qu’on se trouve, dans différentes parties du monde, dans une troisième guerre mondiale. Il est plus lucide que le synode allemand des archevêques catholiques ou même les évêques protestants allemands qui acclament le président fédéral allemand, leur ancien confrère ne se lassant pas d’évoquer la guerre. Pourquoi me demander ce qu’on en pense aux quatre coins du monde. Le regard sur mon propre pays et ses élites responsables me procure déjà un immense malaise.

Les conflits, tels que cette nouvelle guerre froide ne naissent pas d’une loi naturelle mais découlent de décisions politiques. En comprendre les causes nécessite une rétrospective. Un pays tel que l’Allemagne aurait-il eu une réelle possibilité de s’y opposer par des moyens diplomatiques? Cette possibilité perdure-t-elle toujours?

C’est absolument nécessaire d’un point de vue étatique. Il ne s’agit pas d’une réflexion d’ordre académique, car l’OTAN mène une stratégie de guerre, régionalement et globalement. L’OTAN nous tue avec sa stratégie et cela avec l’aide active du gouvernement allemand. Il suffit d’écouter les propos de nos généraux allemands à l’encontre de la Russie. Cela vous donne le vertige. Alors que doit-on en penser à Smolensk ou Moscou? 
Je n’ai pas connaissance que le gouvernement ait pris des mesures envers ces Messieurs qui attisent les tentions.

Pourquoi la classe politique allemande a-t-elle occulté des conférences telle que celle tenue par George Friedman à Chicago en février de l’année passée?1 N’était-elle pas au courant? Ou était-elle à ce point impliquée dans les réseaux que le silence s’imposait? Entretemps, des centaines de milliers d’Allemands prennent très au sérieux ce qu’on peut lire au-delà des grands médias. Pourquoi la classe politique entière persiste-t-elle à s’y désintéresser? Pourquoi êtes-vous l’une des rares exceptions en Allemagne? Il fut un temps où vous apparteniez vous-même à la «classe politique».

Vu d’une manière réaliste, l’Allemagne est à nouveau partagée. Nous avons ceux qui s’informent autrement que par le «mainstream» et forment leur opinion auprès des médias alternatifs et puis ceux qui sont prêts à résilier leurs abonnements aux journaux alignés. Jamais, il n’y a eu autant de graves plaintes concernant les programmes des chaînes télévisuelles qui ne font que battre le tambour de la guerre. Propulsés d’une guerre à une autre, beaucoup de gens réalisent qu’il ne s’agit plus d’empêcher une censure de la presse – voir l’affaire du Spiegel – mais d’en finir avec la censure exercée par la presse. Personnellement, j’ai pu faire une expérience assez invraisemblable. Lorsque je me suis prononcé ouvertement contre la guerre en Yougoslavie, j’étais vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, à l’époque une institution hautement importante dans les questions de paix en Europe. Ne croyez pas que j’aie été invité une seule fois à des tables rondes au niveau national par les médias. Lorsque Gregor Gysi s’est prononcé de façon semblable, on l’a invité mais uniquement pour pouvoir mieux le discréditer. Telle est mon expérience au niveau national et telle est la situation également aujourd’hui.

En 2015, plus d’un million d’hommes et de femmes d’Afrique, du Moyen-Orient et des Balkans ont atterri en Allemagne. Cette migration n’est pas terminée. Le sujet fait la Une de tous les journaux. Le fait est que l’Occident a créé les situations amenant une grande partie de ces gens à se réfugier en Allemagne. Mais le discours officiel concernant le combat de ces causes n’est guère crédible. Quelles seront les conséquences politiques de cette politique allemande de migration selon vous? Les évènements de Cologne et d’ailleurs sont-ils un présage? A quoi les Allemands doivent-ils s’attendre?

Cette question, il faut la poser à Madame la Chancelière encore en fonction et à la CDU en tant que parti qui l’a soutenue à fond dans la question de la migration lors de leur Université d’hiver à Karlsruhe en décembre 2015. Personne, ni en Allemagne ni en Europe ne sait ce qui a incité la chancelière à accepter une migration de cette ampleur. Et les organes constitutionnels concernés en premier lieu ne veulent pas le savoir non plus. Mme Merkel a complètement bouleversé l’Allemagne et l’Europe de l’UE et les divise les deux. Il n’y a aucun signe qu’on veuille revenir à une politique responsable envers son propre pays et son propre peuple et loyale envers les habitants des autres pays. C’était différent à la fin de la guerre froide, époque à laquelle nous voulions nous lier plus étroitement par la CSCE et la Communauté européenne avec les Etats situés entre le Maroc et la Syrie, par exemple, et les rendre plus performants.2 Cependant, les Etats-Unis et Israël avaient une autre vision des choses et le résultat est visible aujourd’hui.

Vu la situation explosive mondiale et la situation allemande non moins explosive, que conseilleriez-vous à vos concitoyens allemands? Que peut faire le citoyen pour redécouvrir une lueur d’espoir? Ou alors, à quoi faut-il s’attendre?

Lors des prochaines élections régionales, les citoyens pourront décider s’il y aura à l’avenir à Berlin un gouvernement garantissant l’Etat de droit constitutionnel allemand ou pas. Cependant, il faut aussi prendre en compte que l’Allemagne peut actuellement déjà prendre la voie vers l’agonie. Comme on l’a vu ci-dessus, vous pouvez en déduire vous-même ce que cela veut dire pour l’Allemagne et l’Europe. En Suisse, dans chaque maison, on vérifie soigneusement si les installations de protection civile sont opérationnelles. Qu’avons-nous fait depuis 1990? S’ils doivent choisir entre Mme Merkel et l’Allemagne, les citoyens allemands devraient choisir l’Allemagne.

Monsieur Wimmer, nous vous remercions pour cette interview.    

(Propos recueillis par Karl Müller)

*    Willy Wimmer est né en 1943. De 1976 à 2009, il a été député, directement élu de la CDU au Bundestag allemand. De 1988 à 1992, il a été secrétaire d’Etat parlementaire au ministère de la Défense, de 1995 à 2000 vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE. Avec Wolfgang Effenberger, il est coauteur de l’ouvrage «Wiederkehr der Hasardeure. Schattenstrategen, Kriegstreiber, stille Profiteure 1914 und heute». A travers ses analyses engagées et ses prises de position pour le retour au droit et contre la politique de guerre, Willy Wimmer trouve un grand public, aussi au-delà de tout l’espace germanophone.

1    George Friedman, fondateur et président du service américain de renseignements, Stratfor (Strategic Forecasting, Inc), que le magazine Barron’s qualifie de «CIA de l’ombre» («Schatten-CIA»), le 4 février 2015, suite à l’invitation du Chicago Council on Global Affairs, a fait une conférence où il traitait les objectifs stratégiques des Etats-Unis et où il parlait aussi de la politique des Etats-Unis face à la Russie et l’Allemagne. Il dit, entre autre: «L’intérêt principal de la politique extérieure des Etats-Unis, au cours du siècle passé, lors de la grande guerre et de la Seconde Guerre mondiale et durant la guerre froide était les rapports entre l’Allemagne et la Russie […]. Depuis un siècle, pour les Etats-Unis, c’est l’objectif principal d’empêcher cette combinaison unique entre le capital allemand, la technologie allemande et les matières premières russes et la main d’œuvre russe.» On peut réécouter la conférence entière de Friedman sur: 
www.youtube.com/watch?v=QeLu_yyz3tc 
2    Depuis le début des années 90, il y a eu des tentatives entreprises par la CSCE de lier la Méditerranée dans un cadre de coopération et de sécurité et d’inaugurer, avec les Etats d’Afrique du Nord et de la Méditerranée du Moyen-Orient, une conférence pour la sécurité et la coopération dans l’espace méditerranéen. 
La tentative a échoué. (cf. Jens Bortloff. Die Organisation für Sicherheit und Zusammenarbeit in Europa. Eine völkerrechtliche 
Bestandsaufnahme, 1996, p. 94s. ou Annette Jünemann. Europas Mittelmeerpolitik 
im regionalen und globalen Wandel: Interessen und Ziel­konflikte; in: Zippel, Wulfdiether (Ed.). 
Die Mittelmeerpolitik der EU, 1999, p. 29–64.)

Nouvelle stratégie de sécurité de la Fédération de Russie

km. Le 5 janvier 2016, l’édition allemande du service d’information internet russe Russia Today (RT) (https://deutsch.rt.com/international/36166-neue-sicherheitsstrategie-russischen-foderation/), fait savoir que le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine aurait signé fin 2015 la nouvelle stratégie de sécurité (publiée le 31/12/15, on trouve sur RT-allemand le document original en russe). 
RT rapporte qu’il est une priorité nationale pour la Russie de garantir et de consolider son statut d’une des forces de premier plan dans le monde entier. RT cite textuellement la nouvelle stratégie disant que «la garantie du statut de la Fédération de la Russie comme une des grandes puissances de premier plan, visant le maintien de la stabilité stratégique et le partenariat mutuel dans un monde polycentrique», serait à long terme un intérêt national de la Russie.
La Russie tient particulièrement à sa force de défense, à sa souveraineté, à l’intégrité territoriale et étatique du pays, au renforcement du consensus national, à l’amélioration de la qualité de vie, au développement et au maintien de la culture ainsi qu’au renforcement de la compétitivité de l’économie du pays. Dans l’approvisionnement en denrées alimentaires, la Russie veut gagner en indépendance. 
Le recours à la force militaire ne doit avoir lieu que si tous les autres moyens non-militaires se sont avérés inefficaces. RT cite concernant les armes nucléaires: «Pour la dissuasion stratégique et pour la prévention de conflits militaires, on maintient la dissuasion nucléaire à un niveau suffisant […].»
La nouvelle stratégie de sécurité part du principe que le danger d’une crise économique financière mondiale persiste. Vu la politique des Etats-Unis et de l’UE, elle mentionne que la tentative de quelques Etats d’imposer leurs intérêts géopolitiques à l’aide de méthodes économiques affaiblit le système économique international. L’obligation constante de la Russie d’exporter des matières premières serait également un danger pour le pays. On devrait affronter ce danger avec une diversification économique plus forte. 
La Russie veut améliorer ses relations avec la Communauté des Etats indépendants (CEI). Les relations avec la Chine sont un «facteur-clé pour le maintien de la stabilité globale et régionale». 
En parlant de l’Occident, il est précisé: «L’autonomie de la Fédération russe concernant sa politique intérieure et extérieure provoque de la résistance de la part des Etats-Unis et leurs alliés qui veulent garder leur dominance dans le monde. Leur politique de l’endiguement de la Russie implique une pression politique, économique, militaire et d’information.» 
L’OTAN est à nouveau considérée comme un «danger pour la sécurité nationale»; car l’OTAN n’abandonne pas son désir d’extension vers l’Est, donc vers la Russie. En outre, un réseau de laboratoires biologiques-militaires, exploité par les Etats-Unis, se trouve sur le territoire des Etats limitrophes de la Russie. Aussi bien la menace militaire directe que des tentatives de renversement du pouvoir par des prétendues «révolutions de couleur» menacent la sécurité du pays. 
La nouvelle stratégie de sécurité de la Fédération russe semble aussi être une réaction à la nouvelle stratégie de sécurité des Etats-Unis de juin 2015 (www.jcs.mil/Portals/36/Documents/Publications/2015_National_Military_Strategy.pdf). La Russie y est considérée comme paria international et comme un des Etats qui menacent la sécurité nationale américaine. Peu après, le chef désigné de l’Etat major général (et maintenant en fonction), le général Joseph F. Dunford, avait qualifié la Russie de «menace existentielle pour les Etats-Unis». Et Seymour M. Hersh conclut dans sa plus récente analyse sur la politique des Etats-Unis en Syrie («Military to Military»; www.lrb.co.uk/v38/n01/seymour-m-hersh/military-to-military) qu’au Pentagone, il n’y a plus aucune voix s’opposant à une politique antirusse agressive des Etats-Unis. 
Malgré tout, la stratégie de sécurité de la Fédération de Russie invite aussi les Etats-Unis et ses alliés à une action commune. Si les USA et la Russie collaboraient au bien-être de la stabilité dans le monde, ils seraient en mesure de résoudre plusieurs des plus graves problèmes globaux.

Helmut Schmidt: «C‘est absurde de faire de l‘Allemagne un pays d‘immigration.»

L’ancien Chancelier fédéral allemand Helmut Schmidt (SPD), récemment décédé, a fait preuve, déjà en 1992, lors d’une interview accordée à la «Frankfurter Rundschau» [le 12/9/1992], d’une clairvoyance et d’une précision assez effrayante: «L’idée qu’une société moderne devrait être en mesure de se transformer en société multiculturelle avec le plus grand nombre possible de groupes culturels différents est aberrante. On ne peut pas transformer l’Allemagne avec son histoire millénaire depuis Otto Ier en un creuset. Vous ne pouvez faire ni de la France, ni de l’Angleterre, ni de l’Allemagne un pays d’immigration. […] Les sociétés ne le supportent pas. Cela fait dégénérer la société. 
J’ai toujours considéré comme absurde l’idée véhiculée par exemple par Heiner Geissler que nous pourrions avoir plusieurs cultures côte à côte. […] Etant donné que nous vivons dans une démocratie, nous devons aussi nous orienter vers ce que la société désire, et non pas vers ce que les professeurs s’imaginent. Faire de l’Allemagne un pays d’immigration est absurde. Cela finira par une submersion.»

Source: Vertrauliche Mitteilungen du 12/1/16, no 4165

Analyse des services secrets allemands «concernant la situation de la Nation face aux flux de réfugiés»

Angela Merkel n’a pas mis de l’eau dans son vin. Elle et son parti ont été débordés et réveillés par les évènements. Les actes accomplis lors du Nouvel An à Cologne sont une lanterne éclairante. Ce qui a alerté le gouvernement allemand, c’est une analyse «rapide» et confidentielle des services secrets allemands «concernant la situation de la Nation face aux flux de réfugiés». Le document se distingue aussi par sa manière de donner – sans mâcher ses mots et sans tenir compte des occupations internes des partis – une image réaliste et complexe de la situation telle qu’elle est et une perspective du «worst case». 
Ce qui y est précisé, montre clairement comment notre civilisation culturelle et sociale européenne pourrait être sapée d’ici peu avant d’être détruite systématiquement. Des fanatiques nous ont déclaré la guerre. Pour l’EI c’est clair: «Le prochain théâtre décisif de guerre sera l’Europe tout entière.» 
Le rapport note que l’EI a «transféré» 200?000 guerriers potentiels vers l’Europe lors de la vague de réfugiés de l’année dernière (2015) – y compris 20?000 à 30?000 dormeurs pouvant être engagés d’un moment à l’autre. Et eux tous se font héberger et nourrir par leurs ennemis déclarés. Si le flux de réfugiés recommence au printemps après le ralentissement dû aux intempéries (mer agitée et froid en Europe) au même niveau que l’année précédente, on peut s’attendre à un afflux de 200?000 guerriers supplémentaire. La Croatie est comme une porte d’entrée grande ouverte, au large de Lampedusa. La marine y travaille en tant que «troupe de passeurs» au lieu de recourir aux moyens militaires. Et la protection de la frontière extérieure grecque a paradoxalement été confiée par l’UE, pour plusieurs milliards d’euros?(!), à la Turquie qui est un Etat limitrophe. Tout cela n’est pas de la désinformation, mais le contenu des rapports des services secrets adressés au gouvernement de Berlin. Les commentaires expliquent que c’est unique dans l’histoire mondiale. 
Les «immigrés du crû 2015» ont déjà préparé le terrain, lit-on entre les lignes. «L’Europe est une grande porte ouverte, un pays de cocagne par excellence.»
Après la prochaine phase de «submersion de l’Europe», la deuxième étape pourra être préparée et les explosions allumées au moment voulu. 
Nous illustrons ici le pire des scénarios («worst case») afin que vous puissiez prendre conscience de l’éventail de la terreur que l’EI prévoit de lancer en Europe, à l’aide de bombes et d’assassinats. Le but final, de l’EI est clairement défini: élimination de millions d’«incroyants», et ensuite, étape par étape, l’installation d’un Etat islamique! «Paris et les autres endroits attaqués étaient des exercices d’entraînement ‹anodins› pour leurs organisateurs, constate sobrement le rapport. Avec le deuxième tsunami de réfugiés, l’émigration continue de l’armée de l’EI active en Syrie vers l’Europe occidentale?(!) est planifiée.

Source: «Vertraulicher Schweizer Brief», no 1454 du 12/1/16

Published by Tchapaïev
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 18:53
L’OTAN, principal outil de conflit avec la Russie

 

Pourquoi des alternatives à la politique belliciste des néoconservateurs américains et de l’OTAN sont une obligation pour la survie de l’humanité

L’écroulement de l’Union soviétique en 1991 a donné naissance à une idéologie américaine dangereuse appelée néoconservatisme. L’Union soviétique servait jusque là de limite à l’action unilatérale américaine mais lorsque cet obstacle à l’action de Washington a été aboli, les néoconservateurs ont pu inscrire à leur ordre du jour l’hégémonie mondiale américaine.

L’Amérique était devenue la «superpuissance unique», l’«uni-power», qui pouvait désormais agir sans aucune contrainte n’importe où dans le monde.

Le journaliste néoconservateur du «Washington Post» Charles Krauthammer a ainsi résumé «la nouvelle réalité»:

«Nous avons un pouvoir mondial écrasant. Nous sommes les gardiens historiquement désignés du système international. Quand l’Union soviétique est tombée, quelque chose de nouveau est né, quelque chose de tout à fait nouveau – un monde unipolaire dominé par une seule superpuissance incontrôlée sans aucun rival et qui jouit d’une portée déterminante dans n’importe quel endroit du monde. C’est un développement écrasant et totalement nouveau dans l’histoire, qu’on n’a plus vu depuis la chute de l’empire romain. Et même l’empire romain n’était pas comparable à ce qu’est l’Amérique d’aujourd’hui.»

L’effarant pouvoir unipolaire que l’histoire a donné à Washington doit être protégé à tout prix. En 1992, le Sous-secrétaire Paul Wolfowitz, haut responsable du Pentagone, a mis au point la Doctrine Wolfowitz, devenue depuis la base de la politique étrangère de Washington.

La Doctrine Wolfowitz déclare que «le premier objectif» de la politique étrangère et militaire américaine doit être d’«empêcher la renaissance d’un nouveau rival, sur le territoire de l’ancienne Union soviétique ou ailleurs, qui constitue une menace (à l’action unilatérale américaine) de l’ordre autrefois instauré par l’Union soviétique. Ceci est une considération dominante qui sous-tend la nouvelle stratégie de défense régionale et exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile d’étendre sa domination sur une région dont les ressources, placées sous tutelle, suffiraient à générer un pouvoir étendu au monde entier. («Une puissance hostile» étant dans ce contexte un pays suffisamment fort pour avoir une politique étrangère indépendante de Washington.)

L’affirmation unilatérale du pouvoir américain commence vraiment sérieusement pendant le mandat de Clinton avec les interventions en Yougoslavie, en Serbie, au Kosovo et par la zone d’exclusion aérienne imposée à l’Irak. En 1997, les néoconservateurs ont rédigé leur «Projet pour un nouveau siècle américain». En 1998, trois ans avant le 11-Septembre, les néoconservateurs ont envoyé une lettre au président Clinton demandant un changement de régime en Irak et «le renversement de Saddam Hussein». Les néoconservateurs exposent leur programme de renversement de sept gouvernements en cinq ans.

Les événements du 11 septembre 2001 sont considérés par les gens bien informés comme «le nouveau Pearl Harbour» dont les néoconservateurs avaient besoin pour commencer leurs guerres de conquête dans le Moyen-Orient. Paul O’Neil, le premier Ministre de l’Economie et des Finances du président George W. Bush, a déclaré publiquement que l’ordre du jour du président lors de la première réunion de Bush avec son cabinet était l’invasion de l’Irak. Cette invasion a été planifiée avant le 11-Septembre. Depuis, Washington a détruit entièrement ou partiellement huit pays et affronte maintenant la Russie tant en Syrie qu’en Ukraine.

La Russie ne peut permettre l’établissement d’un Califat djihadiste dans une zone comprenant la Syrie et l’Irak, car ce serait une base d’exportation de la déstabilisation dans les Républiques musulmanes de la Fédération de Russie. Henry Kissinger lui-même a confirmé ce point, suffisamment évident pour toute personne dotée d’un cerveau. Cependant, les néoconservateurs, fanatiques ivres de pouvoir, qui ont contrôlé les régimes de Clinton, Bush et Obama, sont si absorbés dans leur propre orgueil et arrogance qu’ils sont prêts à pousser la Russie à bout, au point d’inciter leur marionnette turque à abattre un avion russe et à renverser le gouvernement démocratiquement élu en Ukraine, alors en bons termes avec la Russie, en le remplaçant par un gouvernement fantoche américain.

Dans ce contexte, nous pouvons comprendre que la situation dangereuse auquel le monde est confronté est le produit de la politique arrogante d’hégémonie mondiale des néoconservateurs américains. Les erreurs de jugement et les dangers dans les conflits syrien et ukrainien sont les conséquences de l’idéologie néoconservatrice.

Afin de perpétuer l’hégémonie américaine, les néoconservateurs ont rejeté les garanties que Washington avait données à Gorbatchev que l’OTAN ne se déplacerait pas vers l’Est d’un centimètre. Les néoconservateurs ont poussé au retrait des Etats-Unis du traité ABM, lequel spécifiait que ni les Etats-Unis ni la Russie ne développeraient ni ne déploieraient de missiles antibalistiques. Les néoconservateurs ont réécrit la doctrine de guerre américaine et transformé le rôle des armes nucléaires, les faisant passer de force de représailles à celui de force de frappe préventive de premier plan. Les néoconservateurs ont commencé à installer des bases ABM aux frontières russes, tout en prétendant que ces bases avaient pour but de protéger l’Europe des attaques de missiles nucléaires balistiques intercontinentaux iraniens inexistants.

La Russie et son président, Vladimir Poutine, ont été diabolisés par les néoconservateurs et leurs marionnettes au sein du gouvernement des Etats-Unis et des médias. Par exemple, Hillary Clinton, candidate à l’investiture présidentielle démocrate, a déclaré que Poutine était un «nouveau Hitler». Un ancien officiel de C.I.A. a appelé à l’assassinat de Poutine. Les candidats au poste présidentiel dans les deux partis rivalisent d’agressivité envers la Russie et d’insultes à l’encontre du président russe.
Cela a eu pour effet de détruire la confiance existant entre les puissances nucléaires. Le gouvernement russe a appris que Washington ne respecte pas ses propres lois et encore moins le droit international et qu’on ne peut lui faire confiance dans le respect des accords. Ce manque de confiance, joint à l’agression envers la Russie déversée par Washington ainsi que par les médias prostitués, répercuté par la stupidité des capitales européennes, a posé les fondements d’un conflit nucléaire. Comme l’OTAN (essentiellement les Etats-Unis) n’a aucune perspective de victoire sur la Russie dans une guerre conventionnelle, et encore moins de de mise en déroute de l’alliance entre la Russie et la Chine, ce conflit sera nucléaire.

Afin d’éviter la guerre, Poutine demeure non-provocateur et discret dans ses réponses aux provocations occidentales. Le comportement responsable de Poutine, cependant, est interprété à tort par les néoconservateurs comme un signe de faiblesse et de crainte. Les néoconservateurs ont incité le président Obama à mettre la pression sur la Russie pour qu’elle cède. Cependant, Poutine a précisé que la Russie ne cédera pas. Poutine a envoyé ce message à de nombreuses occasions. Par exemple, le 28 septembre 2015, au 70e anniversaire des Nations Unies, Poutine a déclaré que la Russie ne pouvait plus tolérer l’état actuel des choses dans le monde. Deux jours plus tard, Poutine a pris la tête de la guerre contre l’Etat islamique (Daesh) en Syrie.

Les gouvernements européens, particulièrement ceux d’Allemagne et du Royaume-Uni, sont complices de l’évolution vers la guerre nucléaire. Ces deux Etats vassaux de l’Amérique facilitent l’imprudente agression de Washington envers la Russie en répandant la propagande de Washington et en soutenant les sanctions de Washington ainsi que les interventions contre d’autres pays. Tant que l’Europe ne sera rien de plus qu’une extension de Washington, la perspective de l’apocalypse continuera à croître.

Nous ne pouvons à présent plus éviter la guerre nucléaire que de deux manières.
L’une serait que la Russie et la Chine rendent les armes et acceptent l’hégémonie de Washington.
L’autre alternative serait un leader indépendant en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France montant au créneau et se retirant de l’OTAN. Ce serait le début d’un abandon général de l’OTAN, principal outil de conflit avec la Russie et donc la plus dangereuse des forces au monde pour tous les pays européens et pour le monde entier. •

Par Paul Craig Roberts | 28 décembre 2015 – (Traduction Horizons et débats)

Paul Craig Roberts a été haut fonctionnaire au ministère des Finances du gouvernement Reagan. Il a été collaborateur du Congrès américain, co-éditeur et journaliste du Wall Street Journal, Business Week, Creators Syndicate et chercheur à l’Université de Stanford. Il est président de l’Institute for Political Economy et auteur de nombreux livres et articles dans des magazines scientifiques.

Source: http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=4830

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 17:25
La réunification allemande c'est la crise d'aujourd'hui!

La réunification allemande c'est la crise d'aujourd'hui!
alors que le deutschemark est déjà le pivot embryonnaire des autres monnaies européennes, les autorités monétaires voisines (France, Italie etc..) vont devoir suivre le mouvement opéré par leur consœur. La crise économique européenne des années 90 prend alors naissance dans une sorte de paiement collectif sacrificiel de la réunification allemande.SI l'on tient à savoir pourquoi l'europe en est là aujourd'hui il faut regarder ce qui s'est passé hier."Le résultat a été que pendant toute une décennie les politiques économiques allemandes se sont concentrées sur sa propre compétitivité par rapport aux états tiers plutôt qu’à un renforcement de la zone euro dans son ensemble. Et ceci a été la cause majeure de la crise".

En offrant une monnaie surévaluée à sa sœur de l’Est, l’ancienne république fédérale allemande venait de semer les graines d’une grande déception économique.

les ménages, le gouvernement etc …vont rapidement augmenter leurs dépenses. Pour un résultat clair, l’inflation va pointer le bout de son nez dès le passage à la nouvelle monnaie unique. C’est ainsi que dès 1992, Les 5% de hausse des prix sont dépassés.

Et l’inflation, la Bundesbank n’aime pas ça. La Banque centrale allemande va alors entrer dans un cercle de stricte répression monétaire dont elle a le secret. Les taux directeurs sont rapidement relevés au-delà des 10%. Bien évidemment, cette lutte anti-inflation ne va pas rester sans effet sur le taux de chômage qui augmentera de façon continue entre 1990 et 2005. Pour l’Allemagne de l’Est prise isolément, le nombre de chômeurs augmente de 60% à 1.6 million de personnes dans le courant de cette période. En cette année 2005, le taux de chômage de l’ex-RDA atteindra 18.7%.


cette attitude des autorités monétaires allemandes est également un problème pour l’Europe de 1992, année de signature du Traité de Maastricht. En effet, alors que le deutschemark est déjà le pivot embryonnaire des autres monnaies européennes, les autorités monétaires voisines (France, Italie etc..) vont devoir suivre le mouvement opéré par leur consœur. La crise économique européenne des années 90 prend alors naissance dans une sorte de paiement collectif sacrificiel de la réunification allemande. Au dernier trimestre 1992 et au premier trimestre 1993, la France va logiquement connaître sa première récession depuis 1975.

Mais le coût le plus important de la réunification allemande est ailleurs. Car la stricte orthodoxie de la Bundesbank dans le courant des années 90 a conduit l’Allemagne à intégrer la zone euro avec le qualificatif « d’homme malade de l’Europe ». La bataille de la compétitivité pouvait alors commencer comme pouvait l’indiquer Wolfgang Munchau en 2012 dans le journal « Der Spiegel » :

" Le résultat a été que pendant toute une décennie les politiques économiques allemandes se sont concentrées sur sa propre compétitivité par rapport aux états tiers plutôt qu’à un renforcement de la zone euro dans son ensemble. Et ceci a été la cause majeure de la crise".

Pour finir, le coût payé lors de la réunification a fini de vacciner la population contre toute solidarité européenne supplémentaire. Payer pour un allemand de l’est est une chose, payer pour un grec ou un espagnol en est une autre.

"Vous n’avez pas ancré l’Allemagne à l’Europe. Vous avez ancré l’Europe à une Allemagne nouvelle, unifiée et dominante. A la fin, mes amis, vous constaterez que cela ne peut pas fonctionner".
Thatcher 1993.

Tiré de :

http://www.atlantico.fr/decryptage/qui-paye-reunification-allemande-directement-et-indirectement-nicolas-goetzmann-1843933.html/page/0/1

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 05:18
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 05:11
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 06:35
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