Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 21:38

 

 

Les légendes du siège de Leningrad

Les légendes du siège de Leningrad

Les légendes du siège de Leningrad

17:08 27/01/2012

 

Par Alexandre Koudriavtsev, RIA Novosti

 

 

 

Aujourd’hui la Russie célèbre l’anniversaire de la levée du siège de Leningrad pendant la Grande guerre patriotique. Le siège a duré presque 900 jours. En dépit de la famine, du froid et de la privation, les habitants de Leningrad assiégé ont combattu et lutté en s’accrochant désespérément à la vie et comptaient sur un miracle. Et les miracles se sont effectivement produits. Pendant la guerre, beaucoup de rumeurs circulaient dans la ville sur les signes alarmants et les signes d'espoir.

Dans les tranchées tout le monde croit au ciel

Les nouvelles du front n’étaient pas les seuls avertissements des malheurs à venir des habitants de Leningrad, raconte Naoum Sindalovski qui étudie le folklore de Saint-Pétersbourg.

Les personnes âgées affirmaient qu’elles avaient aperçu un vieillard lumineux avec des ailes au cimetière de la laure Saint Alexandre Nevski. Il aurait prédit plusieurs semaines de famine. Elles auraient également vu une croix lumineuse dans le ciel, que beaucoup interprétaient comme un mauvais présage.

Et effectivement, les bombardements aériens réguliers de la ville ont commencé par la suite. Mais beaucoup de citadins ne s’étaient pas habitués à descendre dans les abris pendant les raids aériens, et comptaient sur leurs "maisons-forteresses".

"Nous avons vécu entre la gare de Moscou et l'institut Smolny (résidence de l'administration de Saint-Pétersbourg), alors vous comprenez bien qu’à cet endroit il y a avait des alertes permanentes, des bombardements et des sifflements d’obus. J’ai toujours peur de ce bruit, et ma peur s’est transmise à ma fille à sa naissance. Dès le déclenchement de l’alerte, on s’asseyait dans la plus sombre des chambres, dont les fenêtres donnaient sur un immeuble situé juste en face. On se roulait en boule dans un coin et on attendait. Ma grand-mère m’a appris deux prières à l’insu de ma mère. Notre père qui est aux cieux et le psaume 90. Et pendant les bombardements je regardais vers le haut et priait en silence. Les bombes et les obus ne nous ont jamais touchées. C’est certainement un miracle", se souvient Irina Skripatcheva, qui était une enfant pendant le siège.

© RIA Novosti. Boris Kudoïarov

Etonnamment, les principales cathédrales de Leningrad ont survécu aux importants tirs d’artillerie. Par exemple, un obus de 160 kg, qui n’a pas explosé et s’est coincé dans la coupole de la cathédrale Saint Sauveur sur le sang, a été découvert et enlevé seulement en 1961. La cathédrale Saint Isaac, l’un des symboles de la capitale culturelle russe, a également survécu pendant le siège. Une légende explique pourquoi cette cathédrale n’a pas été touchée par l’artillerie allemande.

Selon la légende de la ville, avant l’occupation des banlieues de Leningrad, le gouvernement a commencé à évacuer les objets de valeur des palais plus éloignés de la ligne du front, mais il a été impossible de tout transporter. Les fonctionnaires du conseil municipal ne savaient plus quoi faire.

Selon la légende, les trésors de musée ont été sauvés par un ancien officier d’artillerie.

Ce militaire a proposé d’entreposer les sculptures, les livres et d’autres objets d'une valeur inestimable dans les sous-sols de la cathédrale Saint Isaac. Il a ajouté que les Allemands se serviraient certainement de la coupole de la cathédrale qui surplombe la ville pour orienter leurs tirs et l’épargneraient. Les trésors des archives ont été transportés dans les sous-sols de la cathédrale, et l’invincible Isaac les a protégés jusqu’à la fin du siège.
 

Les généraux de bronze

Irina Skripatcheva doit un autre sauvetage miraculeux à son amie d’enfance Valentina, avec qui elle a partagé du pain pendant le siège. Les amies devaient passer la nuit à l’école où des lits chauds étaient installés pour les enfants, et Valentina a proposé de s’enfuir.

"Nous avons fugué avant de nous coucher. Durant la nuit, un obus a touché l’école et notre enseignante a été tuée. Tout le monde a probablement une dizaine d’histoires de ce genre à raconter. La mort nous effleurait constamment ", se souvient Irina.

Au total, l’artillerie allemande a lancé près de 150.000 obus sur Leningrad. Rien qu’en septembre 1941, la ville a subi plus de 2.000 raids aériens. Les habitants de la ville étaient jour et nuit sur les toits pour éteindre les bombes incendiaires et les incendies. Selon une croyance, les Allemands ne prendraient pas la ville tant que les statues des généraux Souvorov, Koutouzov et Barclay de Tolly seraient épargnées.

© RIA Novosti. Boris Kudoïarov

Les statues des généraux sont restées intactes mêmes pendants les bombardements les plus intensifs. Mais ce n’est pas parce qu’ils ont été mis à l’abri des bombes. Il était effectivement prévu de cacher les monuments dans les sous-sols. Mais le siège épuisait les dernières forces, et rapidement il n’est plus resté aucun habitant capable de transporter les statues de bronze jusqu’aux sous-sols.

Un signe de victoire

En mars 1942, un convoi de partisans avec de la nourriture est arrivé dans la ville affamée de Leningrad. Les paysans de la région de Leningrad ont rassemblé une grande quantité de pain et de céréales. L’ensemble a été chargé dans 200 camions et envoyé dans la ville.

"C’était le plus grand miracle de l’époque, sourit Irina Skripatcheva. Des "Hercules" avec des toques ornées d’un ruban rouge sont venus chez nous… Alors que nous étions maigres et portions des demi-pelisses, et à côté d’eux on paraissait très petites… C’est ainsi qu’on a survécu en se soutenant et en se sauvant mutuellement. On partageait chaque miette. Et nos mères ont survécu parce que nous étions à leurs côtés. Et nous savions aussi que Leningrad ne tomberait jamais. On y croyait fermement".

Les habitants de Leningrad cherchaient désespérément les signes d’une victoire imminente.

Ils faisaient circuler l’histoire de la statue de Papou tenant un arc bandé prêt à tirer une flèche dans la Kuntskamera, Chambre des curiosités (aujourd’hui Musée d'ethnographie et d'anthropologie de l'Académie des sciences de Russie). On dit qu'en hiver une bombe a explosé près du musée. Les murs ont tremblé en raison de la force de l'explosion et la flèche est partie et a percuté le mur.

"Même le Papou a déclaré la guerre à Hitler. La victoire est inéluctable!", disait le personnel de la Kuntskamera.

La foi dans le miracle aidait à survivre, rapprochait la victoire, c'était une nourriture qui remplaçait le pain lorsqu’il n’y en avait plus.

"La principale condition pour survivre est la gentillesse. Et ce n’est pas l’emphase actuelle. Vous comprenez bien quel âge nous avons aujourd’hui et quel jugement nous attend", déclare Irina Skripatcheva.


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Saint-Pétersbourg: 67e anniversaire de la levée du blocus de Leningrad

66e anniversaire de la levée du blocus de Leningrad. Les archives

10:27 27/01/2011

Les habitants de Saint-Pétersbourg fêtent aujourd'hui le 67e anniversaire de la levée dublocus de Leningrad, a annoncé jeudi le correspondant de RIA Novosti.

Les cérémonies commenceront au cimetière de Piskarev, où reposent les innombrables victimes faites par les troupes nazies lors du siège de Leningrad durant la Seconde Guerre mondiale.

Le blocus de Leningrad a commencé le 8 septembre 1941 et a duré près de 900 jours et nuits. Le 27 janvier 1944 le blocus a été levé par les troupes soviétiques. 
Selon différentes estimations, le blocus a fait entre 400.000 et 1,5 million de morts. Ainsi, lors du procès de Nuremberg où les criminels de guerre nazis ont été jugés, un nombre de 632.000 victimes du blocus a été articulé. 3% d'entre elles ont été tuées lors des tirs d'artillerie  et des bombardements allemands, le reste a péri en raison de la famine.

 

RIA NovostiLes troupes soviétiqueGuerre de 1939-1945: les Russes persuadés d'avoir contribué le plus à la Victoire (sondage)

18:18 28/04/2010 La plupart des Russes (97%) estiment que le peuple russe a apporté la contribution principale à la défaite du nazisme, selon un sondage effectué par le Centre national d'étude de l'opinion publique (VTSIOM).>>

RIA NovostiPremière répétition nocturne du Défilé de la Victoire de MoscouPremière répétition nocturne du Défilé de la Victoire de Moscou

17:57 28/04/2010 Des chars soviétiques T-34, des canons automoteurs SU-100V, des missiles S-400 et plus de 150 autres matériels de guerre ont défilé dans les rues de Moscou en prévision de la Parade de la Victoire du 9 mai.>>

RIA NovostiVictoire 1945: des systèmes balistiques Topol-M défileront sur la Place rougeVictoire 1945: des systèmes balistiques Topol-M défileront sur la Place rouge

22:00 08/04/2010 Trois systèmes Topol-M participeront au défilé du 9 mai, le jour du 65e anniversaire de la Victoire. Normalement, ces engins sont déployés près d'Ivanovo, au nord-est de Moscou. >>

Par Tchapaïev
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 18:50

Berlin Wall

Bien plus haut, bien plus dur,plus pénible à vivre est le mur de la honte du capitalisme:

      money wall

skull dolar

le vrai visage du capitalisme...

 

La répression de la dictature capitaliste!!

http://lci.tf1.fr/monde/amerique/demonstration-de-force-reussie-pour-les-indignes-americains-6828104.html

celui de l'argent

sans qui aujourdhui rien n'est  possible!

Nul besoins de mur de béton pour opprimer les peuples, le cout de la vie suffit largement!

Pas besoins de rideau de fer ni de vopos,la police au garde à vous devant le grand capital,et l'absence de revenus nous cloue sur place!

 

L'infame mur de la honte

La manifestation organisée à Oakland est considérée comme... (Photo: Reuters)

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/les-indignes/201201/29/01-4490477-plus-de-400-manifestants-anticapitalistes-interpelles-a-oakland.php

Emmurés derriére ce mur de la honte du capitalisme , spécialement conçu pour les peuples du monde entier!

Le symbole de la division aujourdhui n'est pas à Berlin! Il est entre nous tous , et dans les coffre forts des banques!!

Sur les comptes en banque de ceux qui nous demandent de nous serrer la ceinture , tous les jours un peu plus!

Les memes qui dénonçaient hier  le mur de Berlin,nous emmurent maintenant derriére le mur qu'ils érigent.

      Ce mur de la honte s'éffondrera avec le capitalisme qui arrive à la fin de son régne!

      Images d'illustration, en provenance du web.

Par Tchapaïev
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 18:45

 

Bouclier antimissile US en Géorgie: la Russie préoccupée

 

MOSCOU, 18 janvier - RIA Novosti

21:02 18/01/2012

 

La Russie est préoccupée par le déploiement éventuel d'éléments du bouclier antimissile US à proximité de ses frontières, notamment en Géorgie, car dans ce cas, elle devrait pointer ses systèmes de frappe sur ces éléments, a indiqué mercredi le premier ministre russe Vladimir Poutine.

"Le système de défense antimissile est aujourd'hui à l'ordre du jour. Nous ne sommes pas indifférents à son emplacement par rapport à nos frontières. La possibilité de son apparition en Géorgie ne peut nous laisser indifférents", a déclaré le candidat à la présidence de la Russie lors d'une rencontre avec les rédacteurs en chef de médias russes. 

"Devrons-nous alors pointer nos systèmes de frappe sur le territoire géorgien? (…) Avons-nous des garanties que cela ne se produira pas? Non", a ajouté M.Poutine, en rappelant l'agression de Tbilissi contre l'Ossétie du Sud.

La question du déploiement éventuel d'éléments du bouclier antimissile américain en Géorgie est périodiquement évoquée par des experts et des journalistes. L'année dernière, des sénateurs républicains US ont notamment proposé à Robert Gates, alors chef du Pentagone, de déployer un radar AMB en Géorgie et non en Turquie.

Quant à la Géorgie, elle n'a jamais caché sa disposition à examiner le déploiement du bouclier antimissile américain sur son territoire si les Etats-Unis émettaient une proposition en ce sens.

 


RIA NovostiBouclier: les USA reconnaissent les risques pour la Russie (Lavrov)Bouclier: les USA reconnaissent les risques pour la Russie (Lavrov)

13:24 18/01/2012 Les Etats-Unis n'excluent pas que le bouclier antimissile déployé en Europe puisse comporter des risques pour le potentiel nucléaire de la Russie, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse visant à dresser le bilan de la diplomatie russe pour 2011.>>

RIA NovostiBouclier antimissile en Europe: la position de MoscouBouclier antimissile en Europe: la position de Moscou

21:10 25/11/2011 Le président russe Dmitri Medvedev a dévoilé les mesures militaires, techniques et diplomatiques que la Russie prendra en réaction au déploiement d'un système de défense antimissile en Europe.>>

Par Tchapaïev
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 18:54

 

Le fossé entre les pauvres et les riches mène à l'antagonisme de classes

16:37 13/01/2012

 

Par Olga Barykova, RIA Novosti

 

http://fr.rian.ru/discussion/20120113/193019593.html

 

La population américaine commence à regarder avec désapprobation la fortune des autres.

Les habitants du pays du rêve américain voient de manière de plus en plus pessimiste leur propre chance de réaliser ce rêve. Et ils ne sont pas les seuls. Dans d’autres pays, prospères ou non, l’indignation contre l’ordre mondial existant croît.

Le fossé croissant entre les riches et les pauvres est une tendance mondiale générale, qui mène doucement mais sûrement le monde vers une époque de haine de classe et de guerres civiles, font remarquer les économistes et les sociologues. Ce processus est constaté aussi bien aux 

Etats-Unis, que dans l'opulente Europe ou la Russie mécontente.

Les participants au Forum économique mondial (FEM) ont qualifié dans leur rapport "Risques globaux 2012"  la différence sociale en termes de revenus des personnes de menace majeure. Et les spécialistes de l’organisation américaine de recherche Pew Research Center ont découvert que les deux tiers des Américains considéraient l’écart entre les riches et les pauvres comme "large" et "très large".

Selon une étude publiée mercredi par le Pew Research Center, la différence entre les revenus des pauvres et des personnes aisées est en tête de liste des problèmes sociaux des Américains. Cette question passe avant même les problèmes traditionnels pour les Etats-Unis, tels que les relations entre les immigrants et la population autochtone, ainsi qu’entre les blancs et les noirs.

 

Le monde se révolte

Comme l’indique le rapport de Pew Research Center, ces deux dernières années le nombre de personnes aux Etats-Unis constatant un grand écart entre les riches et les pauvres a augmenté de 20%. D’ailleurs, non seulement les pauvres, mais également les couches aisées évoquent ce problème.

64% des interrogés, dont le revenu familial est inférieur à 20.000 dollars par an, et 67% percevant plus de 75.000 par an parlent de différence significative entre les revenus.

La majorité de ceux qui considèrent l’écart entre les riches et les pauvres comme important sont des personnes âgées entre 18 et 34 ans. Par ailleurs, les jeunes constituent la majorité des participants au mouvement de protestation Occupons Wall Street, né aux Etats-Unis en septembre dernier et qui est soutenu dans plusieurs pays européens, ainsi qu’au Canada et en Australie.

Des dizaines de milliers de personnes au Royaume-Uni, en Suisse, en Allemagne, au Canada et en Australie descendent dans la rue pour manifester contre le chômage, les institutions financières nationales et la minorité riche. Et cela dans des pays relativement prospères d’un point de vue économique et social.

La protestation de la société contre les inégalités sociales s’est exprimée dans les troubles qui ont frappé les grandes villes britanniques début août. Des milliers de jeunes saccageaient et pillaient des magasins, incendiaient les voitures. 5 personnes ont été tuées et près de 300 ont été blessées pendant ces troubles. Plus de 2.000 personnes, dont beaucoup de mineurs, ont été arrêtées pour leur participation à ces actions.

Les protestations qui ont conduit aux révolutions dans le monde arabe se sont déroulées sous les slogans exigeant le changement de gouvernement et la démocratisation de la politique, ce qui était principalement associé aux différences sociales importantes au sein de la société.

Les morts pendant les affrontements entre les forces gouvernementales et les manifestants dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient se chiffrent par milliers.

Etant donné la situation dans le monde, la Russie, où les revenus des plus riches sont 15-19 supérieurs à ceux des plus pauvres, paraît étonnamment calme. Aucun trouble populaire grave ne s’est encore produit. Toutefois, il serait exagéré de dire que les manifestations en Russie contre la falsification des législatives était l’unique raison du mouvement protestataire en décembre.

L’indignation confuse croissante parmi les jeunes qui les incite à organiser des rassemblements s’apparente aux événements dans les rues de New York.

 

La ruine de la société

La révolution dans le monde arabe, les mouvements protestataires qui ont commencé par l’action Occupons Wall Street aux Etats-Unis, ainsi que les troubles à Londres et d’autres villes européennes, qui ont éclaté l’été dernier, sont principalement la conséquence des inégalités sociales, estime Boris Kagarlitski, directeur de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux.

Et il semble que par la suite la situation ne fera qu’empirer. Les économistes du FEM font remarquer qu’aussi bien les pays développés que les pays émergents font partie du groupe à risque. Dans les pays développés, les manifestants dénoncent la perte de leur statut social et la diminution des revenus. Et dans les pays émergents ils exigent l’augmentation des salaires.

Au final, selon les économistes du FEM, l’écart entre les revenus assorti du déficit budgétaire chronique pourrait plonger la politique et l’économie mondiale dans le nationalisme, le populisme et le protectionnisme.

La politique libérale menée par les Etats développés est responsable de ce phénomène, estime Boris Kagarlitski. "La politique orientée sur le marché libre conduit à la polarisation de la richesse et de la pauvreté. Et la polarisation provoque le départ de la majorité de la population du marché de la consommation. Cette politique est menée dans le but de maximiser la fortune de ceux qui se trouvent au sommet du système, et dans ce sens elle est efficace, mais le prix à payer est la ruine de la société en tant que telle", a déclaré l’expert à RIA Novosti.

Selon lui, la classe moyenne est la base de la stabilité de la société, mais elle ne peut exister que dans le contexte d’une politique socio-démocratique, or la politique libérale la détruit. 

 

Le retour à l’antagonisme de classes?

Selon certains analystes, le tournant s’est produit au début des années 1980, lorsque Margareth Thatcher est devenue première ministre britannique, et Ronald Reagan a été élu président. Ils ont avancé les idées de l’individualisme et des valeurs de marché en tant qu’idéologie dominante en détruisant la société traditionnelle fondée sur les principes de la prospérité générale, font remarquer Boris Kagarlitski et le professeur émérite Clive Bloom de l’université britannique du Middlesex.

La prémisse économique de la promotion de cette politique a été la suspension par le président américain Richard Nixon de la convertibilité du dollar en or,  estime Boris Kagarlitski.

" L’abandon de l’Etat social au profit du néolibéralisme s’est produit en 1971, lorsque Nixon a aboli l'étalon-or dollar. Cela a provoqué un déficit d’argent global, car auparavant la masse monétaire correspondait à l’or – même si l’argent se dévalue, vous avez de l’or. Après l’abandon de l’étalon-or, l’argent n’était plus assuré, et c’est la raison pour laquelle le gouvernement craignait d’imprimer des billets de banque. On a commencé à se justifier en disant "qu’on ne peut pas se permettre ceci ou cela", a expliqué l’expert.

Selon lui, il y a 30 ans le monde était plus pauvre qu’aujourd’hui, mais "même dans les pays relativement pauvres les gens pouvaient bénéficier de la gratuité de l'enseignement, des soins et de beaucoup d’autres services sociaux qui aujourd’hui n’existent plus, ou le gouvernement se plaint de ne pas avoir d’argent à cet effet" . L’absence de protection sociale aggrave le problème de l’inégalité entre les pauvres et les riches, ce qui pourrait finalement conduire à des émeutes, des guerres et des révolutions, estime l’expert.

Les troubles à Londres et d’autres villes européennes ont montré que le monde pourrait revenir à l’époque de l’antagonisme de classe, reconnaît Clive Bloom. "Je n’écarte pas la possibilité que dans une certain sens nous puissions revenir à l’antagonisme de classes. Simplement, on l’appellera différemment : tout tournera autour de la consommation et des questions économiques" , a-t-il fait remarquer dans une interview accordée à RIA Novosti.

"D’après certaines interviews des participants aux troubles à Londres, il s’est avéré qu’ils voyaient un fossé entre les gens très riches et tous les autres", ajoute le professeur de sociologie Paul Baggaley de l’université de Leeds au Royaume-Uni.

Le problème des inégalités sociales concerne aujourd’hui tous les Etats, estime Clive Bloom. "C’est un problème commun, mais qui se manifeste différemment suivant le pays. En Allemagne et en Russie elle se traduit par le nationalisme, et en France – par des dispositions révolutionnaires. Sous diverses formes il existe dans tous les pays", explique l’expert.

 

La Russie attend son heure

Boris Kagarlitski fait remarquer une chose curieuse. Selon lui, depuis 20 ans en Russie toutes les conditions sont réunies pour les cataclysmes sociaux, cependant "rien de dramatique ne se produit" .

"En termes de disproportions sociales, la situation en Russie est bien plus grave que dans tout autre pays d’Europe occidentale. Mais à la surface nous voyons une situation calme", déclare-t-il en ajoutant que l’histoire attend simplement son heure.

Selon Boris Kagarlitski, l’inégalité entre les riches et les pauvres en Russie est si élevée qu’elle conduira inévitablement à des protestations de masse qui pourraient revêtir diverses formes : du modèle américain des mouvements de protestation, à l’instar d’Occupons Wall Street, au scénario arabe.

Valeri Fedorov, directeur du Centre panrusse d’étude de l’opinion publique (VTsIOM), n’est pas de cet avis. Selon lui, la tendance à l’augmentation de la différence entre les revenus des riches et des pauvres n’a pas un caractère global et ne concerne pas la Russie.

"La tendance concerne plutôt les pays industrialisés développés, avant tout les Etats-Unis, a-t-il fait remarquer à RIA Novosti. Le rêve américain fonctionnait avant la crise économique : en effet, nous sommes pauvres mais honnêtes, et bientôt au lieu d’être des cireurs de chaussures nous deviendrons des millionnaires. Mais la crise a montré qu’on pouvait faire des rêves, mais pas les réaliser".

Selon Valeri Fedorov, dans les pays émergents, avant tout dans les pays du BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine), la tendance est inversée. "La classe moyenne y croît, chaque année des dizaines de millions de personnes la rejoignent en Inde, en Chine et au Brésil", fait-il remarquer.

En ce qui concerne la Russie, la crise a ralenti la croissance active de la classe moyenne qui a commencé en 2000. Selon l’expert, le développement de la classe moyenne est capable de stabiliser la situation économique et de contribuer à ce que la différence entre les revenus ne soit pas perçue de manière aussi dramatique.

"Comment calcule-t-on l’écart entre les revenus? On prend 20% des plus riches et 20% des plus faibles. Je ne pense pas que ce rapport diminuera. Mais le fait est que la classe moyenne doit augmenter quantitativement. La Russie doit trouver une trajectoire solide de croissance économique, et ainsi la classe moyenne augmentera, et les problèmes de l’écart entre les revenus ne seront pas ressentis de manière aussi forte", a-t-il expliqué.

Tous les experts s’accordent à dire que les jeunes qui ne trouvent pas de place sur le marché de l’emploi et sont bien plus sensibles aux inégalités sociales que les générations plus anciennes, constituent aujourd’hui un groupe à risque, indépendamment du niveau de différences sociales dans les divers pays.

 

 

RIA NovostiLe fossé entre les pauvres et les riches mène à l'antagonisme de classesLe fossé entre les pauvres et les riches mène à l'antagonisme de classes

16:37 13/01/2012 La population américaine commence à regarder avec désapprobation la fortune des autres.>>

RIA NovostiHugo ChavezMars: Chavez accuse le capitalisme d'avoir tué la vie sur la planète

10:10 23/03/2011 La vie sur la planète Mars aurait pu disparaître à cause du capitalisme et de l'impérialisme, a déclaré le président vénézuélien Hugo Chavez dans un discours prononcé à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, célébrée le 22 mars.>>

RIA NovostiVladimir PoutineRussie: pas de capitalisme d'Etat (Poutine)

21:22 25/04/2011 Les autorités russes n'ont pas l'intention de créer un capitalisme d'État dans le pays, a déclaré lundi le premier ministre russe Vladimir Poutine.>>

Par Tchapaïev
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